J’ai volé la mafia russe et rencontré Baba Yaga dans ce road trip français

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News jeu J’ai volé la mafia russe et rencontré Baba Yaga dans ce road trip français

Aujourd’hui, j’ai décidé de prendre la route de la Russie avec Firebird, un road trip narratif écrit par FibreTigre, spécialiste français de la fiction interactive.

Difficile de savoir si les longues périodes de confinement qui ont débuté en 2020 y sont pour quelque chose, mais depuis un certain temps, je remarque une floraison des jeux « road trip », ceux qui vous embarquent à l’aventure sur des routes souvent inconnues. Sûrement pour nous convier à des épopées faciles hors de nos quatre murs. Je pense à Road 96 des Français de DixArt qui nous glissait dans la peau d’un fugitif, à Where the Water Tastes Like Wine, plus atypique avec ses légendes urbaines ; puis il y aura plus tard le road trip familial très doux Open Roads, celui en période post-apocalyptique Dustborn, bien plus brutal, et enfin Firebird, qui nous invite quant à lui à la découverte du folklore russe. Une même thématique peut nous faire virevolter dans des univers bien différents et je trouve toujours cela assez fantastique. Et puis, les longs voyages sur la route dressent bien souvent une atmosphère hors du temps un peu magique. Alors quand la démo de Firebird s’est rendue disponible sur la plateforme Steam, je me suis empressée de la lancer.

Ceci est une nouvelle chronique indés sur JV :

Il y a quelques semaines, nous sortions Wanted, votre nouvelle chronique qui parle de jeux indés décalés et amusant. Dans un autre registre, celle-ci est dédiée aux jeux narratifs qu’on a à cœur de vous faire découvrir, dans un registre un peu plus personnel, à la manière d’un billet et avec quelques extraits vidéo.


Mariska et la mafia

Au premier abord, Firebird a tout l’air d’un jeu narratif sans grande prétention. Il est développé sur l’éditeur de texte tout public de la société Ludogramme. De très délicates illustrations faites à la main défilent sobrement et me rappellent vite les bandes dessinées de mon enfance. Il n’y a pas de doublage au programme. La musique se fait quant à elle discrète, mais laisse échapper de jolis sons d’instruments à cordes un poil mystiques. J’ai lu que le road trip durerait le temps d’une soirée ; les expériences narratives courtes me paraissent toujours très belles quand elles savent se débarrasser de longueurs inutiles. Je rencontre Mariska, une jeune camionneuse qui m’a l’air tout à fait sympathique, mais qui semble embourbée dans des affaires pas franchement reluisantes avec la mafia russe. La narration est prometteuse, le jeu s’adresse à vous à la manière d’un livre dont vous êtes le héros. L’auteur y est sûrement pour quelque chose, il s’agit de FibreTigre, créateur confirmé de jeux de rôle. Alors naturellement, j’espère beaucoup de l’écriture. J’incarne donc cette Mariska, à qui son vieux collègue Ivan refile une gamine inconnue quasi muette qu’il a trouvée au bord de la route.

La jeune fille sans nom n’a pas un sou en poche, mais raconte vouloir rapporter un peu de nourriture à son petit village tout au nord de la Russie. Si Mariska l’y ramène, elle pourrait quant à elle repartir avec des peaux d’ours et de tigre blanc. Un trafic complètement illégal, mais qui pourrait l’aider à payer une grosse dette envers Tourguine, le grand mafieux du coin qui distribue des contrats à la volée. Plusieurs problématiques sont ainsi posées d’entrée de jeu et il me tarde de savoir comment elles se dérouleront en un peu plus d’une heure. Si les textes défilent d’abord à la manière d’un visual novel, un premier choix possiblement fatidique s’offre à nous, joueurs. Et c’est là que mon intérêt s’éveille réellement : Tourguine charge à Mariska de confier à son sbire Dimitri une enveloppe scellée qu’il lui interdit d’ouvrir. En échange de ce service, il lui indiquera l’emplacement du camion conduit par son collègue Ivan, rempli de flopées de nourriture qu’il doit conduire à l’armée. Et cette nourriture, on pourrait peut-être la ramener au village de la jeune fille. Mais Ivan, c’est tout de même un bon ami. Et j’ai aussi très envie de savoir ce que contient l’enveloppe. Voyez-vous le dilemme ?


Un voyage pour plusieurs chemins

La curiosité l’emporte : j’invite Mariska à ouvrir discrètement l’enveloppe à l’abri des regards. Sans surprise, elle est remplie de billets. Par crainte, je lui somme de laisser la liasse bien au chaud de peur des représailles et de confier le tout à Dimitri. Évidemment, il remarque que le paquet n’est plus scellé. Le coup était tout de même complètement stupide. Ni une ni deux, Tourguine est prévenu et confisque le camion de Mariska puisque tout lui est permis. La voilà sans ressources et dans un sacré bourbier. Et puis la démo s’arrête. Je n’ai joué que quinze minutes, donc forcément, n’ayant rien accompli, je reste un peu sur ma faim. Mais je décide de lancer une nouvelle partie ; cette fois, Mariska ouvre l’enveloppe et conserve les billets pour acheter des montagnes de nourriture. Et là, la folle aventure commence.

Mariska roule en trombe avec une mine d’or planquée dans le coffre. Voilà qui est tout de même plus prometteur pour l’accomplissement de nos objectifs. Elle arrive à la douane. Autant jouer le rôle de la fugitive qui a quelque chose à se reprocher à fond, elle fonce, casse la barrière et poursuit sa route pour mieux devancer les mafieux qui sont probablement déjà à ses trousses. Je constate dès lors que le camion perd un peu de sa solidité. En plus de l’essence et de l’argent que Mariska conserve, cela fait donc trois paramètres que je dois gérer par des choix. Voilà de quoi complexifier légèrement les interactions. Deux destinations se proposent : un pont ou une cabane en bois. La deuxième me semble la plus intéressante à défaut d’être la plus sûre. Je clique et là, Baba Yaga apparaît à l’écran. Oui, Baba Yaga la vieille sorcière, personnage récurrent des légendes slaves, m’attend en touillant son chaudron. Aucune idée de ce qu’elle fait dans le coin, mais l’histoire prend une tournure détonante. Pour l’instant, je n’en saurais visiblement pas plus, la démo s’étant achevée sur son visage cabossé. Mais j’espère accomplir d’autres choix qui mèneront à des routes tout aussi inattendues. Pour l’heure, Firebird me parait plutôt prometteur.

Amateurs de courtes expériences narratives, d’illustrations faites à la main et de folkore russe, Firebird est susceptible de vous plaire. Ce jeu 100% français sera disponible dans le courant de l’année 2022 sur la plaforme Steam.

  • Télécharger la démo de Firebird

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