En attendant Hollow Knight Silksong, j’ai découvert un nouveau metroidvania fait-main

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News jeu En attendant Hollow Knight Silksong, j’ai découvert un nouveau metroidvania fait-main

Je suis partie à l’assaut d’Islets et de ses monstres. Et si le titre ne m’a pas permis de combler l’attente d’Hollow Knight Silksong, il m’a tout de même permis de vivre une charmante et surprenante expérience.

Je ne vais pas vous mentir : je fais partie de ces joueurs qui trépignent d’impatience face à l’arrivée prochaine d’Hollow Knight Silksong. Oui, j’étais de ceux qui espéraient à chaque nouvelle conférence un soupçon d’informations sur ce titre tant attendu. Je le suis d’ailleurs encore un peu, attendant toujours désespérément une date de sortie. Mais rien n’y fait, les développeurs de chez Team Cherry n’ont que faire de soulager mes nerfs. Alors, telle une personne addict dans l’incapacité de se procurer sa came, je suis preneuse de tout type de substitut qui pourrait me permettre de ronger mon frein en attendant. Alors quand je suis tombée sur ce petit metroidvania dessiné à la main et mis au point par deux frères, je n’ai pas hésité une seule seconde. Surtout que tous les articles que j’avais pu lire le comparaient à mon bien-aimé Hollow Knight, que demander de plus ? Me voilà donc partie pour vivre les aventures étonnamment attachantes d’Iko, un héros maladroit en quête de gloire.

Ceci est une chronique indés sur JV :

Il y a Wanted, votre nouvelle chronique qui parle de jeux indés décalés et amusants, et il y a cette chronique. Elle est dédiée aux jeux narratifs qu’on a à cœur de vous faire découvrir, dans un registre un peu plus personnel, à la manière d’un billet et avec quelques extraits vidéo.


Un air de dessin animé

Laissez-moi vous parler d’un temps réjouissant où les cinq îles célestes étaient unies pour ne former qu’un seul et unique écosystème. Un écosystème prospère et accueillant, équilibré par cette unité fortuite. Il faisait bon vivre dans le monde d’Islets à ce moment-là. Mais comme vous vous en doutez, ce temps est révolu. Les cinq îles ont retrouvé leur indépendance, plongeant le monde d’Islets dans le chaos. Depuis ce jour, ils sont nombreux à espérer devenir le héros qui parviendra à réunir à nouveau les îles et les débarrasser de leurs monstres. C’est notamment le cas de notre petit Iko, la souris qui n’a rien d’un héros. Il n’a pas de gros vaisseau, pas de haut-faits à son tableau… Mais pourtant le peu confiant Iko a quitté tout ce qu’il avait pour aider autrui. Loin du flegmatique héros d’Hollow Knight, Iko est aussi attachant qu’il est faible et enfantin. Rapidement, on a envie de l’aider dans sa quête, de le voir s’améliorer, devenir plus fort, terrasser plus de monstres et devenir le héros dont il rêve tant. Avec simplicité et tendresse, le titre de Kyle Thompson m’a prise par la main pour me faire voyager le temps d’une petite heure dans un monde merveilleux et singulier.

Si le côté fait-main me rappelait à première vue Hollow Knight, quelques minutes sur l’île de Norstable me suffisent à réaliser qu’Islets est en réalité bien différent. Oubliez les mystères et la noirceur du premier car le second a une direction artistique plus épurée et colorée, presque enfantine sur certains aspects. Cela ne m’aurait d’ailleurs pas étonnée d’apprendre qu’il s’agissait d’une adaptation d’un dessin animé à la Adventure Time. Comme ce dernier, on sent que sous ses traits simplistes, Islets a bien plus à offrir. Je prends une satisfaction toute particulière à parcourir les lettres de Mika entre deux combats ou à croiser la route de ce chevalier peureux comme pas deux qui espère toujours trouver le courage de devenir, lui aussi, un héros. Cette bienveillance n’est pas anodine et nous donne à voir une vision du monde et des rapports sociaux particulièrement enviable, tout en s’essayant à quelques sujets plus sombres (la mort, la solitude…) Je suis curieuse de voir jusqu’où s’autorise à aller Islets de ce point de vue là, bien que je me doute qu’il n’ira pas aussi loin qu’un Celeste par exemple. Un exemple qui n’est pas choisi au hasard, car, à bien des égards, Islets me rappelle le titre d’Extremely OK Games. Entre l’ambiance bienveillante, les couleurs et quelques mécaniques de plates-formes, ce petit metroidvania a des airs de petit frère célestien. Mais Islets reste un enfant bien frêle face à ses aînés.


N’est pas Hollow Knight qui veut

Encore une fois, lancer Islets en espérant y trouver un nouveau Hollow Knight n’est pas une bonne idée. C’est d’ailleurs rarement le cas. Et avec un mastodonte du metroidvania comme le titre de Team Cherry, c’est le meilleur moyen de se retrouver déçu. Ne nous mentons pas, Islets a encore du chemin à faire pour se trouver une place aux côtés de ses comparses. J’ai moi-même grimacé face à la rigidité des déplacements, le manque de complexité dans les combats ou encore le manque de profondeur dans les animations. Islets est parfois un peu trop simple dans sa réalisation, mais il n’empêche que c’est avec plaisir que je relancerais cette petite aventure singulière. Je ne sais pas si c’est toute cette bienveillance dont nous parlions plus haut ou la prise en main particulièrement agréable. Je ne sais pas si c’est l’envie de faire fermer son caquet à notre rival ou bien de ne pas laisser tomber Iko. Ou peut-être est-ce le besoin irrépréssible de découvrir les différentes îles, fureter dans les moindres recoins, remplir le bestiaire… ? Car oui, on prend plaisir à revenir sur ses pas pour explorer ce monde singulier une fois le double saut appris. Un jeu qui invite à l’exploration, c’est ça qu’est supposé être tout bon metroidvania. Pour Islets, la mission semble réussie. Pour éviter toute frustration, Iko a même le droit à quelques indices pour découvrir où il doit aller (et ne pas tourner en rond, impatient, sans jamais trouver la prochaine étape). Un petit détail pour moi, mais qui voudra dire beaucoup pour celles et ceux qui se sont arrachés les cheveux en cherchant pendant des heures un nouveau chemin. Mine de rien, j’ai été surprise par ces quelques points réfléchis disséminés à travers le jeu, en faisant une expérience singulière et bien pensée.

Surtout que malgré son jeune âge et son manque d’expérience, petit Islets innove. Qui dit metroidvania, dit une certaine évolution des zones explorables. De nouvelles s’ouvrent à Iko au fur et à mesure que ce dernier débloque des améliorations… mais pas seulement. Les îles, en s’emboîtant, forment de nouveaux chemins, créent de nouvelles possibilités. L’exploratrice en moi est ravie à l’idée de pouvoir découvrir cette carte plus complexe qu’il n’y paraît. Et puis il y a mon petit vaisseau, que j’espère voir grandir pour m’emmener dans des contrées toujours plus riches et lointaines. Pas sûre qu’à la longue cette partie se révèle foncièrement intéressante, mais elle a tout de même le mérite de diversifier l’expérience de jeu. Alors non, Islets n’est pas un simple petit frère d’Hollow Knight. Certes, il ne peut pas lui arriver à la cheville, mais il est, à bien des égards, bien plus que cela. Islets n’a peut-être pas la prétention d’être parfait mais a le mérite d’apporter un mélange un tantinet nouveau, une parenthèse enchantée et tout en bienveillance. Je ne vais pas vous mentir, à la fin de l’année j’aurais peut-être oublié l’existence d’ Islets. D’ici quelques semaines, les bruits nasillards du jeune Iko ne seront alors plus qu’un lointain souvenir. Mais je suis ravie d’avoir pu passer ce petit moment dans les airs auprès de ce héros en devenir.

Islets s’adresse moins aux fans de metroidvania que d’amateurs d’expériences attendrissantes. Mais si vous appréciez les deux, vous risquez de vous laisser charmer par la simplicité de ce petit titre indépendant. Le jeu est d’ores et déjà disponible sur PC, Nintendo Switch et Xbox One.


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