Aux assises des mathématiques, le CNRS juge « très préoccupante » la santé de la discipline en France

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« La situation est très préoccupante et sera catastrophique si nous ne faisons rien. » C’est par ces mots que le président du CNRS, Antoine Petit, a alerté lundi 14 novembre quant à l’état des mathématiques en France, lors de l’ouverture à Paris des assises de la discipline, qui va redevenir obligatoire pour tous les lycéens de la filière générale à compter de la rentrée 2023.

« Au cœur de notre société »

M. Petit a mentionné le niveau insuffisant des élèves français dans l’enquête internationale PISA et la pénurie d’enseignants dans cette matière. L’Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions (Insmi), qui dépend du CNRS, a rapporté la semaine dernière une « baisse de 8 % du nombre d’enseignants-chercheurs en mathématiques depuis l’année 2020 ».

Les assises, qui se tiennent jusqu’à mercredi, doivent identifier les nouveaux besoins en mathématiques – spécialité dans laquelle la France a réputation d’excellence – et formuler des propositions pour y répondre. « La discipline est au cœur de notre société, elle est cruciale pour répondre aux défis », a déclaré la ministre de la recherche, Sylvie Retailleau, citant les sciences du climat et de l’environnement, qui demandent des capacités de calcul et de modélisation mathématiques toujours plus poussées, ou « les sciences du vivant pour le traitement statistique des données et le suivi épidémiologique ».

Questions de parité

Une table ronde est consacrée aux questions sociétales dans les mathématiques, où les femmes sont sous-représentées, de l’enseignement secondaire jusqu’à la recherche. Le ministre de l’éducation, Pap Ndiaye, a ainsi estimé que « l’avenir de l’excellence française en mathématiques se trouve largement du côté des filles ». « Notre objectif est la parité filles-garçons », a déclaré le ministre, qui a annoncé dimanche le retour d’un enseignement « obligatoire » de la discipline pour tous les lycéens en 2023.

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Les intervenants ont insisté sur l’importance de replacer les mathématiques au cœur de l’enseignement, dès le plus jeune âge. « On n’arrivera pas à changer les choses si la vision des mathématiques ne change pas dans la société », a dit à l’Agence France-Presse Hugo Duminil-Copin, lauréat en 2022 de la prestigieuse médaille Fields. Il a jugé indispensable que chacun dispose d’un « minimum citoyen » en la matière, pour que chacun « puisse affronter la vie de tous les jours ».

Le Monde avec AFP

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