Au Pakistan, les vestiges de la cité antique de Mohenjo-Daro menacés par les moussons erratiques

0
24

Sous une chaleur torride, casque sur la tête, des ouvriers s’affairent dans les ruines archéologiques de la prestigieuse cité de Mohenjo-Daro. Ces vestiges de l’âge de bronze, situés dans la province septentrionale du Sind, au Pakistan, renferment les mystères de la civilisation de l’Indus, qui a connu son apogée entre 2 500 et 1 500 ans av. J.-C. Inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1980, le site est considéré comme l’établissement urbain le mieux préservé d’Asie du Sud. Les récentes inondations qui ont dévasté le Pakistan n’ont pas épargné Mohenjo-Daro, qui signifie la « cité des morts » en sindi. Courant août, des pluies torrentielles se sont abattues sur le Sind, qui a enregistré sept fois plus de précipitations que d’ordinaire. Jamais depuis 1961, le pays n’avait connu un mois d’août aussi pluvieux.

« Mohenjo-Daro a récemment subi un déluge sans précédent et, le site étant composé de plusieurs niveaux, l’eau a pu s’infiltrer dans la structure en de nombreux endroits », indique Kaleemullah Lashari, un archéologue de renom, en visite dans la cité antique, en ce début du mois de septembre. « Lorsque les vestiges, faits de brique et de terre, et dépourvus de toit, se retrouvent sous des trombes d’eau des jours durant, cela les met en danger, car les murs deviennent vulnérables », poursuit ce spécialiste. Si l’emblématique stupa qui se dresse au-dessus des ruines de la ville n’a pas été touché, plusieurs murs, vieux de plus de cinq mille ans, ont été endommagés. « Une fois que le site urbain commence à perdre des portions de sa structure, il perd des indices du passé. Nous risquons donc de voir disparaître des éléments, témoins de la civilisation de l’Indus », s’alarme Kaleemullah Lashari.

Car cette civilisation antique est loin d’avoir livré tous ses secrets. Le site de Mohenjo-Daro n’a été découvert que tardivement. Depuis 1922, les fouilles ont à peine permis de dévoiler un tiers des 240 hectares sur lesquels la prestigieuse métropole s’étendait autrefois. La structure des villes harappéennes, comme Mohenjo-Daro, suggère une société égalitaire, davantage préoccupée par les questions de propreté que par la hiérarchie sociale. Alors qu’en Mésopotamie les rues des villes menaient au palais, dans la civilisation harappéenne, elles étaient organisées pour permettre l’accès à toute la cité. « Mohenjo-Daro est le site emblématique de la civilisation de l’Indus, un moment particulier dans l’histoire de l’humanité, où nous avons vu l’émergence de centres urbains et où la société a évolué pour acquérir un sens civique plus prononcé, avec des notions de vivre-ensemble », détaille Kaleemullah Lashari.

Il vous reste 48.78% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici