Urgences : le système de santé a tenu bon cet été, selon le gouvernement

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Cela sonne comme un soupir de soulagement. En dépit de la pénurie de soignants dans les hôpitaux, le ministre de la Santé et de la Prévention a esquissé ce mardi un premier bilan rassurant de la prise en charge des personnes ayant un problème de santé inattendu. A la veille de l’ouverture d’une large concertation sur le système de santé, il a aussi défendu l’utilité de la régulation médicale pour prévenir l’afflux de malades dans les services d’urgence.

« Pour l’instant, les choses se passent moins mal que ce que l’on pouvait craindre, [voire] plutôt bien dans pas mal de secteurs », a déclaré François Braun à l’occasion d’un déplacement dans l’Hérault. Saluant la mobilisation des hôpitaux, des élus et des médecins libéraux, celui-ci a insisté sur le fait que les « urgences vitales » avaient pu être prises en charge cet été, en dépit du manque de médecins, infirmiers, aides-soignants etc.

Aggravé par les congés estivaux et l’épuisement des effectifs après deux ans de pandémie, le défaut de personnel médical a poussé l’exécutif à lancer au printemps une « mission flash » sur les urgences pilotée par François Braun, alors médecin urgentiste. Pressé par la septième vague de Covid , l’exécutif a rapidement adopté une palette de mesures temporaires pour aider l’hôpital à passer l’été : incitations financières pour les soignants, assouplissements réglementaires, campagne de communication…

«Rester prudent »

Arrivé en juillet à la tête du ministère de la Santé, à l’issue de sa mission et en remplacement de Brigitte Bourguignon, François Braun se garde de tirer un bilan définitif des outils déployés avant la fin du mois de septembre qui doit voir expirer certaines mesures exceptionnelles. « L’été n’est pas fini, déclare-t-il, il faut rester prudent ».

Il faut dire que les acteurs médicaux continuent de serrer les dents. « A ce stade, cela a été un des étés les plus difficiles qu’on a connus en termes de fonctionnement », déclare Vincent Roques, à la Fédération hospitalière de France (FHF), représentant les établissements publics. « La situation demeure très hétérogène suivant les territoires », note-t-il, alors que des hôpitaux peuvent limiter très fortement l’accès à leurs services d’urgences.

Pas de délais inappropriés

Le ministre s’est néanmoins employé à défendre la régulation médicale, qui doit permettre d’orienter au mieux les patients avant qu’ils ne passent la porte des urgences. « La régulation médicale entraîne une meilleure prise en charge des patients », a-t-il déclaré au « Midi Libre », retoquant l’idée selon laquelle cette régulation a débouché sur une surcharge ingérable des appels sur le numéro 15 et des délais d’attente inacceptables.

« Il faut pérenniser le filtrage et continuer la majoration des heures supplémentaires pour les personnels », déclare le patron de la Fédération de l’hospitalisation privée, Lamine Gharbi. Le principe d’un filtrage des patients est cependant combattu par certains représentants de soignants, pointant surtout le manque de moyens et de lits « en aval » des urgences.

De l’avis général, la situation tendue aux urgences n’est qu’une facette d’un mal profond touchant le système de santé français. Les acteurs de la santé attendent donc avec impatience l’ouverture de discussions plus globales qui devraient commencer dans le sillage du « Conseil national de la refondation » lancé le 8 septembre. François Braun promet des mesures « extrêmement précises et opérationnelles en fin d’année ».

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