Unis pour l’inclusion et la santé “des plus fragiles”

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La caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de l’Aude, la caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) Languedoc-Roussillon et Pôle emploi Aude associés dans un partenariat qui vise à lutter contre le renoncement aux soins et la désinsertion professionnelle dus à une santé dégradée.

Un “cercle vicieux”. Voilà comment Anne Danycan, directrice territoriale déléguée de Pôle emploi Aude-Ariège, résumait vendredi 29 avril le lien entre renoncement aux droits liés à la santé et désinsertion professionnelle. Tout comme une période de chômage ou d’arrêt de travail peut provoquer une dégradation de la santé physique ou psychique, une situation de santé dégradée augmente le risque de chômage et d’éloignement du travail.

Un constat posé en 2019, dans le baromètre du renoncement aux soins de l’observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore) : parmi les sondés, 35 % sans activité professionnelle, qui représentaient 41 % des personnes déclarant renoncer aux soins ; une surreprésentation que le Covid n’a fait que confirmer, conduisant les personnes au chômage ou en invalidité à davantage renoncer ou à reporter des soins que les personnes en emploi. “Le renoncement aux soins, il est multicausal, précise Antoine Bourdon, directeur de la CPAM de l’Aude. La défiance à l’égard des institutions peut peser, aussi. Et la perte de confiance peut amener, de façon paradoxale, à renoncer à ce à quoi on a droit.”

Un écueil qui, depuis plusieurs années, menait déjà CPAM, Pôle emploi et Carsat à collaborer, pour accompagner des assurés salariés et des demandeurs d’emploi vers l’accès aux droits et aux soins, ou pour prévenir la désinsertion professionnelle des salariés en arrêt de travail confrontés à un risque d’inaptitude, et à un éventuel licenciement. Une coopération que le partenariat signé ce 29 avril doit renforcer : pour améliorer l’accès aux droits, aux soins et à la santé des demandeurs d’emploi et des assurés salariés en arrêt de travail, et sécuriser le parcours des assurés en risque de désinsertion accompagnés par la Carsat, en favorisant l’intervention précoce de Pôle Emploi. Une interconnexion pour finalement “améliorer le service rendu aux personnes, résumait Antoine Bourdon. Le parcours est complexe, et il peut être un facteur de renoncement aux soins. On veut ôter cette difficulté des épaules de la personne, fluidifier son parcours.”

Un objectif dont l’intérêt était illustré par l’exemple livré par Madeleine Medolago, directrice de la Carsat Languedoc-Roussillon : “Cette collaboration doit permettre d’éviter des ruptures de ressources, comme cela peut être le cas d’une personne qui doit passer d’un statut de demandeur d’emploi à celui de retraité, et qui se rend compte, peu avant ses 62 ans, que sa carrière n’est pas complète.”

Et de rappeler que la question de la santé prend plus encore dans son sens dans la perspective d’une réforme des retraites repoussant l’âge de départ : “Il faut que les salariés puissent continuer à travailler, tout en restant en bonne santé.” Un lien également illustré par Valérie Issert, directrice territoriale Pôle Emploi, en évoquant les 17 900 demandeurs d’emploi de longue et très longue durée : un public confronté “à des freins qui naissent par le manque de travail” ; des freins “à lever, le plus tôt possible, pour éviter la désinsertion professionnelle”. Cette capacité à “agir plus vite” que vise le partenariat, Thierry Perrier, responsable du service social de la Carsat, en résumait l’intérêt : “Pour détecter des situations de fragilité, et éviter la surprécarisation.”

Forcément loin d’être neutre dans un département toujours au rang des plus pauvres de France.

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