Santé : mieux vaut oublier les modèles bas de gamme des moules en silicone

0
52

Légers et de formes variées, faciles à démouler et à nettoyer, ces ustensiles se sont répandus à toute vitesse dans nos cuisines ces dernières années. Mais derrière leur apparente simplicité se cachent des questions quant à leur totale innocuité pour la santé. Des règles de prudence s’imposent, comme l’explique Juliette Pouyat, docteur ès-sciences de l’Institut national agronomique Paris-Grignon, auteure du « Guide des aliments antioxydants » et « Le bon choix pour cuisiner », publiés aux éditions Thierry Souccar.

Pourquoi ces moules sont-ils sujets à caution ?

JULIETTE POUYAT. Il est difficile de leur faire une confiance aveugle car le silicone dont ils sont constitués n’est pas inerte à la chaleur. Plusieurs études suggèrent en effet que ces moules peuvent libérer au cours de la cuisson des substances qui migrent à l’intérieur des aliments, notamment des siloxanes. Ces composés migrent davantage si la préparation est riche en matières grasses (beurre ou huile). Des chercheurs allemands ont par exemple montré que la migration des siloxanes est supérieure à la limite autorisée – 60 mg par kilo d’aliment – lors de la cuisson d’un pain de viande. Elle reste en revanche minime lors de la cuisson d’un aliment à base de lait. Certes, la dangerosité des siloxanes sur la santé humaine n’est pas avérée, mais certains d’entre eux sont considérés comme des perturbateurs endocriniens. Leur inhalation est susceptible de provoquer des cancers de l’utérus chez le rat. Il est donc préférable de rester prudent. Manger une partie du moule en avalant son contenant n’est jamais anodin.

Quelles précautions respecter pour minimiser les risques ?

Mieux vaut ne pas utiliser ses moules en silicones trop souvent. Quand on les achète, l’idéal est de privilégier les grandes marques qui ont pignon sur rue. Les moules les moins chers sont fabriqués à partir de silicone au peroxyde qui sont plus instables à haute température que les moules de silicone au platine, plus onéreux mais plus résistants. Si la mention Platine (ou Pt) n’est pas inscrite sur l’emballage, passez votre chemin. En outre, par prudence, ne les enfournez jamais à plus de 180°C-200°C. Et pour éliminer beaucoup de substances chimiques volatiles indésirables qui s’échappent au cours des premières utilisations, je recommande de laver le moule après son achat, puis de le chauffer à vide à 200°C avant de le relaver à nouveau car tous les fabricants ne réalisent pas cette étape d’étuvage un peu coûteuse. Et pour évacuer bon nombre de siloxanes, vous pouvez le remplir d’un mélange d’eau et d’huile, puis le mettre au four pendant une heure à 200°C.

Quelles sont les meilleures alternatives pour pâtisser sans danger ?

Les moules à revêtement antiadhésif sont de bons conducteurs de chaleur. Mais ils ne doivent être utilisés que s’ils ne sont pas rayés. Les moules en verre ou en Pyrex® peuvent être employés en toute sécurité car leur matériau est inerte. Ils ne présentent donc aucun risque pour la santé. Seule précaution : pour que les aliments n’accrochent pas à l’intérieur, il faut préalablement les graisser et les fariner.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici