Santé mentale : « Il faut sortir de cette situation qui condamne des millions de nos concitoyens à subir leur maladie »

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La santé mentale est l’enjeu du XXIe siècle. Et pourtant, les maladies qui en relèvent restent cachées et stigmatisées. Déjà première cause mondiale de handicap depuis 2020, ces troubles – en particulier anxiodépressifs et cognitifs – ont fortement augmenté avec la crise liée à la pandémie de Covid-19. Ils ont notamment affecté la jeunesse et risquent de marquer durablement l’avenir de nos sociétés. Les coûts sociaux et économiques de ces pathologies sont considérables : une espérance de vie réduite de quinze à vingt ans, et, en France, le premier poste de dépenses de l’Assurance-maladie, devant les cancers et les maladies cardio-vasculaires, avec des dépenses directes et indirectes de 160 milliards d’euros par an.

Pourtant, la santé mentale demeure le parent pauvre de notre système de santé. La recherche, qu’elle soit privée ou publique, ne répond pas suffisamment aux besoins. Le financement de la recherche publique en psychiatrie ne représente que 2 % à 4 % du budget de la recherche biomédicale en France, l’un des plus faibles des pays européens, quatre fois moindre, proportionnellement, que celui des Etats-Unis. Quant à la recherche industrielle, elle considère que ce domaine demeure trop risqué et s’y engage peu.

Même constat pour les carrières médicales : près de 30 % des postes de psychiatres sont vacants en France. Et les maladies mentales sont sans doute l’un des derniers tabous sociaux. La parole ne s’est pas encore libérée sur ce sujet. Les personnes vivant avec un trouble psychiatrique sont stigmatisées et n’osent toujours pas évoquer leur handicap.

Un combat à gagner

Il est temps de sortir de cette situation qui condamne des millions de nos concitoyens à subir leur maladie plutôt qu’à la combattre, avec un arsenal thérapeutique très largement insuffisant. La science et la technologie, à travers l’innovation dont elles sont porteuses, offrent aujourd’hui des opportunités sans précédent qu’il faut saisir, sans attendre, pour améliorer la prévention, le traitement et les soins des personnes malades.

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En 2003, le premier plan Cancer puis ceux qui ont suivi ont permis de structurer la communauté scientifique française autour d’enjeux partagés. Les progrès ont alors été fulgurants : entre 1990 et 2015, la survie a progressé de 21 points pour les cancers de la prostate, de 9 points pour les cancers du sein ou encore de 11 points pour les cancers du poumon. Au-delà, c’est l’image du cancer qui a radicalement changé. La maladie, qui était taboue, est devenue un combat à gagner.

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