Santé : « Les professionnels de la biologie médicale sont en état de sidération face à la position du gouvernement »

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Le gouvernement veut régler ses comptes avec les laboratoires de biologie médicale. Ce serait une erreur grave pour l’avenir des diagnostics médicaux en France.

Au printemps 2020, les Français ont pu compter comme jamais auparavant sur leurs laboratoires pour leurs tests PCR Covid, les « drive », les transmissions Sidep [Système d’information de dépistage populationnel, qui vise au suivi exhaustif de l’ensemble des tests effectués en France dans les laboratoires de ville et hospitaliers pour la recherche du SARS-CoV-2]… Grâce au choix honorable de gratuité fait par le gouvernement, les laboratoires ont assuré plus de 300 millions de tests.

Pour réaliser cette prouesse, il a fallu créer du jour au lendemain ces tests PCR pour un virus inconnu, avant de les mettre à la disposition de tous les Français. Parce qu’ils disposaient des compétences permettant de telles innovations, les biologistes médicaux virologues des hôpitaux publics universitaires ont développé la première génération de tests PCR Covid. Ils ont aussi assuré le dépistage de la première déferlante de contamination des patients hospitalisés, puis ont diffusé leurs tests PCR aux laboratoires privés pour les vagues suivantes.

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A la demande du gouvernement, ces derniers, plus nombreux et largement implantés, se sont équipés et ont recruté du personnel dans un délai record pour assurer les tests PCR par centaines de millions. Cette chaîne de collaboration entre la biologie publique et la biologie privée a été un atout considérable dans la lutte contre ce virus.

Etablir un diagnostic médical

De la même façon, en 2022, les laboratoires de biologie médicale des centres hospitaliers universitaires ont créé les tests PCR de la variole du singe. Si les financements sont assurés, les biologistes recommenceront ces recherches et leurs applications pour les prochains virus et bactéries émergents.

Mais la biologie médicale, ce sont aussi des centaines d’analyses qui participent à établir un diagnostic médical – avec l’imagerie, elle contribue à 70 % d’un diagnostic médical) ou un suivi de pathologie chronique à proximité du domicile des patients, en Ehpad et en établissement hospitalier. Ces analyses deviennent de plus en plus performantes, à l’image des analyses génétiques des tumeurs de patients leur offrant le bénéfice d’une thérapie anticancéreuse ciblée et personnalisée.

Les Français peuvent être fiers de leur biologie médicale : les biologistes médicaux et les cliniciens des hôpitaux publics permettent la réalisation de diagnostics de plus en plus performants et déposent de brevets en compétition avec les plus grandes équipes de recherche à l’échelon mondial ; les industriels et les biologistes privés permettent leur déploiement très rapide à grande échelle.

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