Santé. Depuis avril, il n’y a plus de médecin généraliste à Saint-Pierre-des-Fleurs

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Le cabinet médical est fermé depuis le départ du dernier médecin de la commune. ©Mathilde Carnet

Le 1er avril 2022, le docteur Alain Viannaye a pris sa retraite, après 32 années en tant que médecin généraliste à Saint-Pierre-des-Fleurs. Sur la porte de son cabinet fermé, route du Neubourg, il a laissé un mot à ses « chers patients », les « remerciant de [leur] confiance ». 

Le docteur a pris sa retraite

Ni lui ni la mairie n’ont réussi à trouver de successeur avant son départ et, cinq mois plus tard, il n’y a toujours pas l’ombre d’un médecin généraliste pour prendre le relais dans la commune. 

J’ai fait passer le mot à l’hôpital

Bruno Germain, maire

Ce n’est pas faute de chercher. « Il a essayé de trouver », raconte le maire de Saint-Pierre-des-Fleurs, Bruno Germain. L’édile aussi, travaillant dans le milieu médical, au CHI d’Elbeuf, cherche. « Je fais jouer mon réseau de médecins, j’ai fait passer le mot à l’hôpital, mais pour l’instant nous n’avons aucune piste », concède-t-il. 

Des gens nous disent qu’ils n’ont plus de médecin traitant

Dans la commune d’un peu plus de 1 600 âmes lors du dernier recensement de 2019, les habitants doivent s’adapter. « Certains ont essayé de se rabattre sur les médecins aux alentours, mais nous avons régulièrement en mairie des gens qui nous disent qu’ils n’ont plus de médecin traitant », explique le maire.

Même situation à Amfreville-Saint-Amand

D’autant que la situation n’est pas exceptionnelle. À 6 kilomètres de là, la commune d’Amfreville-Saint-Amand est dans le même cas depuis le début d’année 2022. La mairie a pourtant mis toutes les chances de son côté pour attirer un nouveau médecin, jusqu’à l’ouverture, en septembre 2021, d’un pôle santé communal, où les praticiens paient un loyer à la commune pour exercer leurs activités. Mais un an plus tard, le couloir réservé aux médecins est encore vide. «  On a contacté l’Ordre des médecins, passé des annonces, on fait tout pour y arriver  », explique le maire, Jérôme Débus.

Une mauvaise vision de la médecine de campagne

À Saint-Pierre-des-Fleurs, la mairie n’envisage pas de racheter le cabinet médical du docteur Viannaye. «  Je ne mettrai pas d’argent public pour attirer un médecin  », appuie Bruno Germain. 

Selon lui, le problème vient de plusieurs sources : déjà, il y a moins de médecins généralistes. «  Les étudiants se spécialisent plus, cela crée des pénuries.  » Aussi, il l’a remarqué en discutant avec des internes à l’hôpital, les étudiants ou jeunes médecins «  ont une mauvaise vision de la médecin de campagne  ». «  Ils s’imaginent qu’ils feront du 8 h – 20 h, qu’ils ne pourront pas avoir de vie de famille, qu’ils seront isolés.  » 

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Grosse offre de santé

Une image faussée de la réalité, selon le maire, qui insiste : «  Les habitants s’adaptent très bien aux horaires, le CHI d’Elbeuf est à 10 kilomètres, nous ne sommes pas isolés.  » De plus, mis à part un médecin généraliste, Bruno Germain estime qu’ » il y a tout à Saint-Pierre-des-Fleurs  ». On retrouve en effet un ostéopathe, une psychomotricienne, des kinés, des infirmières, une pédicure-podologue, des orthophonistes et un dentiste. 

La recherche d’un médecin se poursuit donc. «  Je ne suis pas sûr d’avoir un médecin généraliste dans les six mois à venir, mais je l’espère.  » 

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