Prévention, accès aux soins… À Vierzon, un nouveau contrat local de santé

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Le contrat local de santé (CLS) est un outil contractuel qui sert à coordonner des actions de santé sur le territoire, en matière de prévention mais aussi d’accès aux soins. Il permet de conjuguer les efforts de chaque acteur de santé, facilite le repérage des besoins en matière de santé et participe à la mise en place de projets pour répondre aux besoins.

Le CLS 2022-2026 se compose de six axes prioritaires dans lesquels des actions seront mises en place. « Mais l’idée, c’est de ne pas repartir sur un catalogue d’actions, même si certaines sont renouvelées », explique Maryvonne Roux, adjointe au maire, déléguée à la santé et à la jeunesse.

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Les six axes stratégiques retenus sont : favoriser le renforcement de l’offre médicale ; lutter contre les violences intrafamiliales et sexuelles ; lutter contre la vulnérabilité en santé ; agir pour la prévention et la promotion de la santé, accès aux soins, activité physique adaptée et sport-santé ; santé environnementale (apporter un soutien aux actions portées par les partenaires visant à favoriser le bien-être environnemental et professionnel des habitants) ; et promouvoir le CLS.

Dans ce nouveau CLS, bien évidemment, comme dans les précédents, les nombreuses actions de prévention sont renouvelées, mais de nouveaux axes de travail ont été mis en place, notamment face à la désertification médicale, la précarité en santé et l’augmentation des violences intrafamiliales et sexuelles.
Ainsi, la lutte contre la désertification médicale est-elle désormais inscrite comme premier axe. « Le CLS et la ville de Vierzon ne sont pas recruteurs, mais on va tout faire pour renforcer l’offre médicale sur le territoire. On peut venir en appui sur ceux qui sont recruteurs, notamment le centre de santé et la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) », assure l’adjointe.

Deux logements d’urgence pour les victimes de violences intrafamiliales et sexuelles

Pour obtenir des résultats, des opérations séduction d’internes en médecine vont être menées. Le CLS devrait être présent sur des événements et des lieux pour capter ces futurs médecins. « La CPTS est à même de nous informer sur ces événements et lieux où on devrait être présent », précise Maryvonne Roux. Promouvoir le territoire et ses atouts est aussi un levier sur lequel il va falloir travailler. « Il faut qu’il y ait des brochures, des présentations », ajoute l’élue.

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L’aide logistique à l’installation de professionnels est, aussi, une action à renforcer pour lutter contre la désertification médicale. « On le faisait déjà, mais on l’a officialisée dans ce nouveau contrat local de santé ». Le deuxième axe est, aussi, une nouveauté et concerne les violences intrafamiliales et sexuelles. « Elles sont de plus en plus importantes et touchent toutes les catégories socioprofessionnelles. Et ça s’est renforcé pendant les confinements. On s’est donc demandé comment répondre aux victimes ? » confie l’adjointe.

Le CLS de Vierzon est donc porteur d’un projet de mise à disposition de deux logements d’urgence pour les victimes de violences intrafamiliales et sexuelles. « Ces deux logements seront prêts pour septembre. Il a fallu les identifier, trouver les fonds pour les réhabiliter et travailler sur une procédure d’accueil, d’accompagnement et d’activation du réseau pour permettre à la victime d’être prise en charge ». Le travail est en cours avec les différents partenaires (police, services sociaux, associations, etc.).

On s’aperçoit qu’il y a plein de gens qui passent au travers des mailles : on ne les connaît pas, on ne les voit, ils ne soignent pas forcément.

Et cela peut aussi être anticipé, en passant « par un repérage » grâce à la création d’ambassadeurs santé, un projet de ce nouveau CLS « inscrit officiellement dans l’axe numéro trois consacré à la lutte contre la vulnérabilité en santé, mais la santé au sens large », souligne Florence Foucher, coordinatrice CLS. Car la précarité santé est, elle aussi, grandissante. « On s’aperçoit qu’il y a plein de gens qui passent au travers des mailles : on ne les connaît pas, on ne les voit, ils ne soignent pas forcément. Surtout avec la difficulté d’avoir un médecin traitant », explique Florence Foucher.

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Les ambassadeurs santé seront un des dispositifs pour repérer la vulnérabilité. Il y aura plusieurs catégories d’ambassadeurs : jeunes, professionnels de santé, bénévoles, monde du travail, monde associatif et sportif. « Nous devons avoir un maillage, un réseau d’ambassadeurs qui va être là pour capter les difficultés. On parle peut-être plus facilement à quelqu’un de lambda, qu’on connaît, que de passer la porte d’une institution », estiment Florence Foucher et Maryvonne Roux. Ces ambassadeurs seront formés pour savoir repérer, écouter et surtout orienter.
Ces prochains mois, le CLS va donc déployer ses nouvelles actions en fonction des axes stratégiques choisis.

 

Yassine Azoug
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