« Nous, personnels paramédicaux des réanimations pédiatriques, réclamons des mesures immédiates pour garantir la sécurité de vos enfants »

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Monsieur le président,

Depuis plusieurs semaines, la sonnette d’alarme est tirée sur l’état délabré de la pédiatrie et notamment des services de réanimation et de soins continus. Cela fait pourtant plusieurs années que nous informons des dysfonctionnements qui ont mené à ce cri d’alarme. A ce jour, rien n’a bougé.

De nombreux lits sont fermés par manque de soignants et le manque cruel de places est accentué par l’épidémie actuelle de bronchiolite. Depuis le 1er octobre 2022, plus de 35 enfants dans un état critique ont dû être transférés hors d’Ile-de-France. Les prises en charge se sont accélérées, ce qui met à mal l’ensemble des soignants de pédiatrie. La sensation de travail bâclé induit dans les services une ambiance pesante qui pousse vers la sortie un grand nombre d’entre nous.

Le mardi 1er novembre, le ministre de la santé s’est rendu au sein d’un service de réanimation pédiatrique d’un hôpital parisien afin de rencontrer les équipes et d’échanger sur leurs différentes revendications. Malgré cela, il semble que nous n’ayons toujours pas été entendus.

Prise en compte des difficultés de la prise en charge

Ainsi, nous, personnels paramédicaux des réanimations pédiatriques, réclamons des mesures significatives et immédiates afin de garantir la sécurité de vos enfants et de notre diplôme :

– La prime de soins critiques pour tous est un dû qui se doit d’être rétroactif. Cette prime se voit aujourd’hui substituée à d’autres primes qui existaient auparavant.

– La pénibilité du travail de nuit doit être significativement revalorisée, et ce de façon pérenne. Le traitement mensuel des soignants travaillant la nuit doit être augmenté de 400 euros nets. Il n’est pas question qu’une revalorisation apparaisse sous forme de prime : elle doit être inscrite sur la base salariale. A l’heure actuelle, elle n’a été augmentée que transitoirement (jusqu’au 31 mars 2023) en passant de 1 à 2 euros brut par heure de nuit. Cela représente un gain de 110 euros brut mensuel pour un rythme physiologique totalement inversé et une fatigabilité croissante.

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– Une revalorisation salariale décente avec un salaire mensuel net minimum de 2 000 euros doit être mise en place. Elle doit tenir compte de la spécificité de notre métier qu’est la pédiatrie d’une part et la réanimation d’autre part. S’ajoute à cela une reconnaissance diplômante de cette spécialité. Nous réclamons également la possibilité d’une validation des acquis de l’expérience (VAE) pour les infirmiers et infirmières déjà en poste ayant une expertise, ainsi qu’une formation supplémentaire pour celles et ceux sortant de l’école.

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