L’OMS et le ministère de la Santé congolais confirment un nouveau cas d’Ebola dans le Nord-Kivu

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Le ministère de la Santé de la République Démocratique du Congo a confirmé un nouveau cas d’Ebola ce mardi 23 aout dans la province du Nord-Kivu confirmant ainsi les craintes de l’OMS. Cette annonce intervient trois jours après que l’organisation onusienne ait recommandé deux anticorps monoclonaux contre le virus Ebola et alors qu’elle tient la 72e session de son Comité régional pour l’Afrique.

Le ministère de la Santé de la République Démocratique du Congo et l’OMS ont confirmé ce mardi 23 aout un nouveau cas d’Ebola dans l’Est du pays, dans la région du Nord Kivu. 

Dans un tweet publié le 20 aout, l’Organisation mondiale avait annoncé que « Les autorités sanitaires de la RDC enquêtent sur un cas suspect de maladie à virus Ebola, dans la province orientale du Nord-Kivu ». 

L’organisation onusienne annonçait que « L’Institut national de recherche biomédical (INRB) du pays est en train de tester des échantillons pour déterminer si le patient a contracté Ebola ». 

Le cas suspect est une femme décédée le 15 aout 2022

Le cas suspect était une femme de 46 ans décédée le 15 aout 2022 à Beni, une zone de santé située au Nord-Kivu. 

Elle avait reçu des soins à l’hôpital de Beni, initialement pour d’autres affections, mais a ensuite présenté des symptômes qui pourraient s’apparenter à ceux de la maladie à virus Ebola.

« Alors que l’analyse est en cours, l’OMS est déjà sur le terrain pour aider les responsables de la santé à enquêter sur le cas et à se préparer à une éventuelle épidémie », déclarait la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique.

L’échantillon prélevé sur la malade s’est finalement révélé positif à la MMVE, le virus qui provoque la maladie Ebola a annoncé le ministère de la Santé de la RDC dans un communiqué daté du 21 aout et qui a été publié tard dans la soirée du lundi 22 aout. 

Une résurgence de l’épidémie de 2018-2020

Ce communiqué indique que le séquençage a montré par ailleurs que ce cas était « lié à une souche de la 10e épidémie de 2018 et non à une nouvelle introduction du virus ». 

L’OMS confirme que « Les analyses ont montré que le cas était génétiquement lié à l’épidémie d’Ebola de 2018-2020 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, la plus longue et la plus importante du pays ».

« Les résurgences d’Ebola se produisent avec une plus grande fréquence en République démocratique du Congo, ce qui est préoccupant. Cependant, les autorités sanitaires du Nord-Kivu ont réussi à stopper plusieurs poussées d’Ebola et s’appuyer sur cette expertise permettra sans aucun doute de maîtriser rapidement celle-ci », a déclaré le Dr Matshidiso Moeti, directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique.

Les équipes de l’OMS travaillent avec les autorités sanitaires congolaises pour mener des activités de ripostes 

Le ministère de la Santé affirme que ces équipes travaillent sur le terrain pour mener les activités de riposte. Le 20 aout, l’OMS expliquait que son personnel travaillait « avec les autorités sanitaires pour identifier toute personne ayant été en contact avec le cas suspect et surveiller son état de santé ». 160 cas contacts auraient d’ores et déjà été identifiés à ce jour, précise le ministère. 

L’Organisation mondiale de la Santé affirme que « Des investigations sont en cours pour déterminer le statut vaccinal du cas confirmé ».

L’organisation des Nations unies ajoute qu’« Il y a 1000 doses de vaccins rVSV-ZEBOV Ebola disponibles dans le stock du pays, dont 200 seront envoyées à Beni cette semaine ». « La vaccination en anneau – où les contacts et les contacts des contacts sont vaccinés pour freiner la propagation du virus et protéger des vies – devrait commencer sous peu ».

Le 20 aout, l’OMS déclarait qu’elle veillerait à ce que « des mesures appropriées de prévention et de contrôle des infections soient mises en place, à ce que le traitement puisse être mis à disposition de ceux qui en ont le plus besoin et à sensibiliser les communautés locales à la maladie à virus Ebola ».

Le 19 aout l’OMS recommandait l’utilisation d’anticorps monoclonaux contre Ebola

Le 19 aout, l’OMS avait émis des recommandations fortes pour l’utilisation de deux anticorps monoclonaux contre Ebola. Ses recommandations avaient été formulées par le Groupe d’élaboration des lignes directrices internationales (GDG) après une étude systématique et une méta-analyse.

L’OMS reconnaissait que même si elle « est en mesure d’émettre des recommandations fortes pour ces deux traitements, des recherches et des évaluations supplémentaires des interventions cliniques sont nécessaires, car de nombreuses incertitudes subsistent ». « Il faudrait encore améliorer les soins de support, mais aussi notre compréhension d’Ebola et de ses conséquences à long terme et veiller à ce que les populations vulnérables (femmes enceintes, nouveau-nés, enfants et personnes âgées) soient bien incluses dans les travaux de recherche futurs ». 

La confirmation de ce nouveau cas suspect intervient alors que l’OMS tient la 72e session de son Comité régional pour l’Afrique depuis le 22 aout. 

Selon RFI, elle intervient également moins de deux mois après la fin de la 14e épidémie d’Ebola survenue en RDC depuis 1976, qui avait fait cinq morts en trois mois, dans l’ouest du pays. 

L’OMS souligne quant à elle que « La dernière flambée dans la zone de santé de Beni au Nord-Kivu a été maîtrisée en deux mois environ et s’est terminée le 16 décembre 2021 ». « Il y a eu 11 cas (huit confirmés, trois probables), dont six décès ».


Journaliste correspondant région Auvergne-Rhône-Alpes


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