L’infertilité, un « enjeu de santé publique majeur » négligé par les pouvoirs publics

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L’infertilité est un « enjeu de santé publique majeur » qui n’a « jamais été traité comme tel par les pouvoirs publics ». Le rapport sur les causes de l’infertilité, commandé dans le cadre des lois de bioéthique de 2021 et remis au ministère de la santé fin février, s’ouvre sur un constat sévère, à la mesure de l’ampleur du problème.

En France, écrivent Samir Hamamah, chef du service de biologie de la reproduction du CHU de Montpellier, et Salomé Berlioux, fondatrice de l’association Chemins d’avenirs, les deux rapporteurs, ce sont près de 3,5 millions de personnes qui sont touchées par l’infertilité – soit un couple sur quatre en âge de procréer qui ne parvient pas à obtenir de grossesse après une année de rapports non protégés. A la fin des années 2010, environ 3,4 % des enfants français naissaient grâce à une technique d’assistance médicale à la procréation, soit un enfant sur trente.

Dans l’inventaire des causes d’infertilité, les rapporteurs évoquent d’abord des causes socio-économiques, en particulier l’évolution de l’âge de la première grossesse. « L’âge moyen des femmes à la première naissance augmente progressivement, écrivent-ils. En 2019, il était en France de 28,8 ans, soit près de cinq ans de plus qu’en 1975, période à laquelle les femmes mettaient au monde leur premier enfant à 24 ans. Or, la fertilité féminine décline dès 30 ans, et cette chute s’accélère significativement à partir de 35 ans. »

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Les chiffres d’infertilité par tranche d’âge cités par le rapport – qui remontent toutefois à 2004 – indiquent que lorsque leur projet parental commence à 30 ans, 91 % des femmes ont un enfant sans recourir à l’assistance médicale à la procréation. Cinq années plus tard (35 ans), ce chiffre tombe à 82 %, puis à 57 % quand elles ont 40 ans.

Méconnaissance du grand public et des professionnels

Les causes environnementales, et en particulier l’exposition à la pollution atmosphérique, aux métaux lourds et aux perturbateurs endocriniens – ces substances chimiques capables d’interférer avec le système hormonal – ne sont pas en reste. Cette thématique est « majeure », écrivent les rapporteurs, bien que « peu connue du grand public et des professionnels de santé ». « De nombreuses études décrivent un lien entre l’exposition à certaines familles de substances chimiques et les troubles de la fertilité et de la reproduction humaine, précisent-ils. Baisse de la qualité du sperme, augmentation de la fréquence d’anomalies du développement des organes génitaux ou de la fonction de reproduction, abaissement de l’âge de la puberté, cancers hormono-dépendants comme les cancers du sein ou les cancers de la prostate. »

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