« Le sommeil est à la fois une cause et une conséquence de l’état de santé des Français »

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A la veille du Congrès du sommeil organisé par la Société française de recherche et médecine du sommeil (SFRMS) et la Société de pneumologie de langue française (SPLF) qui se tient à Lille du 23 au 25 novembre, un bilan s’impose sur l’état du sommeil des Français, dans cette nouvelle ère post-Covid.

Le baromètre CoviPrev fait ressortir 71 % de plaintes de sommeil rapportées en population générale, soit 10 % de plus en deux ans, ce qui est un signal d’alerte important. Les campagnes de vaccination et les mesures de prévention sanitaires ont globalement donné des résultats très satisfaisants sur la propagation et les conséquences du virus. La communauté du sommeil lance un signal d’alarme face à l’évolution des indicateurs de santé mentale et des plaintes de sommeil.

Depuis mars 2020, la perception de la vie, le niveau de plaintes de sommeil, d’anxiété, de dépression et les pensées suicidaires sont collectés régulièrement sur un échantillon représentatif de la population générale. Deux éléments frappants sont à prendre en considération concernant ces plaintes de sommeil. Elles sont schématiquement trois fois plus élevées que les plaintes d’anxiété et/ou de dépression. Leur prévalence, qui n’a jamais baissé, atteint des sommets jamais enregistrés auparavant lors de la dernière mesure effectuée en septembre 2022.

Augmentation depuis 2020 des plaintes de sommeil

Les plaintes anxiodépressives varient selon les périodes : schématiquement, en période confinée, « on va mal », en période déconfinée, « on va mieux ». Avec un retour à la normale lié à une baisse durable du stress psychosocial, on aurait pu espérer de même pour les troubles du sommeil. Malheureusement, depuis le début de leur évaluation en 2020, les plaintes de sommeil n’ont cessé d’augmenter, indépendamment de l’évolution des plaintes d’anxiété et de dépression.

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A noter que, dans le même temps, la perception positive de la vie des Français s’est remise à baisser en miroir de l’augmentation des plaintes de sommeil. Si, au début de la crise due au Covid, les troubles du sommeil avaient été analysés comme des conséquences de l’épidémie, il faut se rendre à l’évidence que la situation est en train de changer. Initialement, les plaintes de sommeil, en particulier d’insomnie et de sommeil non réparateur, s’expliquaient assez simplement par les perturbations de nos rythmes veille-sommeil liées aux confinements.

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Actuellement, les études scientifiques qui ont analysé différents paramètres du sommeil au cours de cette période ont amené de nouvelles données. D’une part, un sommeil perturbé entraîne une fragilité aux infections : pour exemple, le décalage de cycle et de la durée du sommeil entre semaine et week-end multiplie par deux le risque de contracter le Covid (Coelho et al., Sleep Medicine Review, 2022). D’autre part, les plaintes d’insomnie multiplient par 2,8 le risque de développer un état dépressif (Hertenstein, Sleep Medicine Review, 2019).

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