Le « snus », ces sachets addictifs de tabac à sucer qui circulent chez les sportifs

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C’est une photo, publiée le 17 novembre sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram) de Karim Benzema, qui a mis le feu aux poudres. On y voit Marcus Thuram, l’attaquant du Borussia Mönchengladbach, assis à côté du Ballon d’or 2022 dans le vol des Bleus vers le Qatar, une boîte ronde à la main, ressemblant à s’y méprendre à une boîte de « snus », ces sachets de tabac à sucer interdits à la vente en France. Reprise par quelques sites Internet, l’image a d’autant plus éveillé les soupçons que Marcus Thuram a dissimulé la boîte compromettante sous un émoji avion en repartageant la story sur son compte Instagram.

Invités à s’expliquer, l’équipe de France et le footballeur n’ont pas souhaité répondre aux questions du Monde. Vrai ou faux, reste que le monde du ballon rond n’est pas épargné par cette pratique jusque-là surtout associée aux athlètes des sports d’hiver, qui se rendent régulièrement dans les pays scandinaves, où le tabac à chiquer est extrêmement populaire.

Jusqu’à présent, ce geste discret, un pochon ou une boulette de tabac, prélevée dans une petite boîte ronde, qu’on place sous la gencive, induisant un léger renflement sous la lèvre supérieure, était surtout visible dans le ski et le hockey sur glace. Un usage si répandu que personne n’en faisait cas ni mystère, du moins jusqu’il y a une dizaine d’années. « Tu chiquais, tu étais un montagnard », résume Romain Forte, coordinateur du Pôle Espoir ski au lycée de Moûtiers.

Dans les années 1990, les consommateurs prenaient de la « benchicou », ou Makla (du nom d’une marque), en provenance du Maghreb, pâte de tabac humide marron au goût prononcé, détrônée ces dernières années par le snus, poudre de tabac conditionnée en sachet. Par habitude, les acheteurs de snus continuent parfois à parler de « chique » alors qu’ils consomment en fait une autre forme de tabac sans fumée, qui n’est pas à chiquer mais à sucer.

Le snus, contrairement à la Makla, est interdit à la vente dans l’Union européenne depuis 1992. Sauf en Suède, qui a conditionné son entrée à l’UE à la possibilité de continuer à en produire et en vendre, ainsi qu’en Suisse, où la consommation s’envole depuis la légalisation du produit en 2019. Il est malgré tout assez aisé d’en trouver dans certains bureaux de tabac en France. Il est également très facile de s’en procurer sur Internet. Une dose de chique équivaut à trois cigarettes.

Un « sport » de hautes montagnes

Dans les sections ski études des collèges et lycées, on ne compte plus les récits de plafonds de toilettes maculés de boulettes de chique, les stylos critériums découpés pour y tasser le tabac et s’en servir comme d’une pipette doseuse, sans oublier les montagnes de chique à côté du starter lors des courses de la Fédération internationale de ski (FIS).

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