Le déclin de la fertilité masculine est mondial et s’accélère

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Le déclin rapide de la fertilité masculine ne concerne pas seulement les pays du Nord, mais le monde entier. Loin de ralentir pour se stabiliser, le phénomène est en forte accélération. Ce sont les éléments saillants de travaux de synthèse, publiés mardi 15 novembre dans la revue Human Reproduction Update, les plus exhaustifs conduits à ce jour sur la chute de la concentration de spermatozoïdes chez l’humain.

Les causes de ce déclin font, depuis une vingtaine d’années, l’objet de nombreuses recherches, pointant des facteurs individuels liés au mode de vie (tabagisme, sédentarité, alimentation, etc.) et des causes environnementales liées à la pollution atmosphérique, à divers médicaments et à l’omniprésence de certaines substances de synthèse dans l’environnement et la chaîne alimentaire (plastifiants et pesticides notamment).

Les épidémiologistes Hagai Levine (Université hébraïque de Jérusalem), Shanna Swan (Faculté de médecine Mount Sinai à New York), et leurs collègues ont réuni les résultats de l’ensemble des études publiées – soit plusieurs centaines – sur le sujet. Ils ont identifié des données disponibles dans plus d’une cinquantaine de pays, couvrant au total la période 1973-2018.

De 1973 à 2018, la concentration moyenne de gamètes dans le sperme est passée de 101 à 49 millions par millilitre

Selon leurs résultats, au cours de ces quarante-cinq années, la concentration moyenne de gamètes dans le sperme de la population masculine générale est passée de 101 millions par millilitre (M/ml) à 49 M/ml. Un niveau déjà considéré comme celui d’un homme « subfertile », souligne Dr Swan. « La France ne fait pas exception, précise Hagai Levine. En France, grâce à la disponibilité de données de bonne qualité, nous avons la certitude qu’il y a un déclin fort et durable, comme ailleurs dans le monde. »

Une menace « pour la survie de l’humanité »

En incluant toutes les données postérieures à 1973, le taux moyen de la chute est de 1,16 % par an au niveau mondial. Ce rythme a plus que doublé depuis le début du XXIsiècle, passant à un déclin de 2,64 % par an sur la période 2000-2018. Une accélération qualifiée d’« alarmante » par les auteurs. « Nos résultats sont comme le canari dans la mine, déclare M. Levine. Nous avons entre les mains un problème grave qui, s’il n’est pas maîtrisé, pourrait menacer la survie de l’humanité. » Rien de moins.

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« Dans cette méta-analyse, la plus importante jamais réalisée sur la qualité du sperme, Hagai Levine et ses collègues montrent une baisse continue du nombre de spermatozoïdes, confirme le toxicologue Andreas Kortenkamp (université Brunel, à Londres), qui n’a pas participé à cette étude. La force de ces travaux est de montrer pour la première fois que ces tendances concernent également les pays d’Afrique et d’Amérique du Sud. C’est réellement inquiétant. »

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