La santé: encore l’échec | Le Journal de Québec

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En cette veille d’élection, force est de constater que le gouvernement Legault vient s’ajouter à la longue liste de ceux qui concluent un mandat avec un échec à améliorer les services de santé. Dans ce cas-ci, il y a l’excuse de la pandémie qui a certainement mis une pression énorme sur le réseau.

Néanmoins, les manchettes de cette fin de mandat sont typiques des dernières décennies. Les urgences débordent. Le personnel est à bout de souffle. Difficile d’avoir accès à un médecin. Longues listes d’attente.  

C’est la même chanson depuis la fin des années 1980. 

En 1994, le PQ avait recruté Jean Rochon pour faire le virage ambulatoire. Le virage ne fut jamais complété. De cette époque, on retient les nombreuses fermetures d’établissements et la mise à la retraite d’infirmières précieuses.

Puis Jean Charest a fait une campagne en répétant chaque jour les mêmes cinq mots : « Ma priorité, c’est la santé ! » Lorsqu’il est parti, c’était pire que jamais. Puis le gouvernement libéral à trois docteurs est arrivé. Réforme de structure décriée, problèmes semblables pour les services.

Continuité

Devant autant d’années d’échec, ce qui frappe, c’est l’étonnante continuité qui transcende les programmes de la plupart des partis. Un peu plus de CLSC chez Québec solidaire, un peu plus de recrutement au PLQ, un peu de décentralisation au PQ, dans tous les cas, il s’agit de simples ajustements.

Dans tous les cas, l’architecture du système actuel serait maintenue. Pourtant, après autant de stagnation et d’incapacité, on pourrait penser que l’heure des réformes en profondeur est venue.

Seul le Parti conservateur d’Éric Duhaime sort des ornières du passé. En préconisant une vraie décentralisation, un véritable décloisonnement et une place accrue au secteur privé. Sa proposition nous approcherait de systèmes de santé bien plus performants qui existent dans d’autres pays.

Gros problèmes

Mais il y a deux problèmes majeurs dans le cas du Parti conservateur. Si vous allez lire le programme en santé du Parti conservateur, vous pourriez ne pas vous rendre à la section intéressante. Parce que le premier chapitre parle de santé publique et sent à plein nez les frustrations de la pandémie.  

Une phrase pour les antimasques, deux pour les antivaccins. Un parti qui s’annonce idéologiquement opposé aux efforts pour protéger la vie en cas de pandémie n’a rien de rassurant.  

Et un parti qui a un malaise avec la vaccination va faire quoi ? Ramener la rougeole, la polio ? Un siècle et demi après Louis Pasteur, difficile d’accorder une crédibilité en santé à une formation politique qui n’encourage pas la vaccination en des termes clairs.

Éric Duhaime n’a pas non plus su recruter des candidats solides pour porter une réforme d’une telle ampleur. Il a présenté une supposée équipe santé, dont un médecin amoureux de la monarchie, opposé à la loi 101 et à l’avortement. On ne l’a pas souvent revu.

La santé représente 40 % du budget de l’État. Malheureusement, je n’espère plus grand-chose. J’espère avoir de bonnes surprises durant la campagne.

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