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Hidalgo, Jadot, Le Pen, Roussel, Pécresse, Véran les politiques de santé des candidats à la présidentielle

Anne Hidalgo ouvre le bal avec une surenchère de chiffres

Bien sûr la candidate PS s’est lancée sur « la fin de la logique hôpital entreprise. » « Les Français ont découvert que leur système de santé qu’il pensait le meilleur du monde, avec la pandémie, ne fonctionnait pas. » Alors on part pour les recrutements : « On a besoin de 15 000 médecins par an formés dès la première année 25. 000 infirmières de plus », avec les étudiants en 4e année d’internat dans les déserts médicaux, c’est « 4 000 jeunes accompagnés par les départements dés cette année » Et pour les Ehpad, elle « s’engage à 40 000 personnes recrutées pour les personnes âgées dépendantes. » Et le mot de la fin : « Il ne faut pas se lever avec la gueule de bois il faut voter avant. » Petite remarque supplémentaire, Anne Hidalgo paraissait très à l’aise, regardait le public, très détachée de ses notes, voire même sans note.

 

Olivier Véran, le changement dans la contuinité

Olivier Véran, lui est venu faire le job, avec son texte sous le bras. Sans vouloir vraiment s’attarder, il a quand même cité les avancées en santé du quinquennat d’Emmanuel Macron. (Suppression du numerus clausus, assistants médicaux, infirmière de pratique avancée…) Il a ensuite parlé de « 19 milliards pour reconstruire l’hôpital », de la place « de la télémédecine et de la télésurveillance », « d’augmenter la prévention et l’éducation à la santé », avec la mise en place de « bilan de santé gratuit aux âges clés de la vie », de permettre « aux aides-soignantes de devenir infirmière en 2 ans » et de « souveraineté de la santé, avec un plan santé 2030 pour lequel il prévoit 7 milliards d’euros ». En vérité un discours assez scolaire, sans vraiment d’emphase. Même si il l’assure « La santé sera le grand chantier du quinquennat à venir, car elle est le bien le plus essentiel. »

 

Yannick Jadot, solennel et plutôt applaudi

Même si dans la salle, on était loin du concert de rock, pendant tout ce grand oral, Yannick Jadot a réussi, par moment, à faire (un peu) réagir la salle. Une petite vanne pour se lancer : « Autant il n’y a pas de débat entre candidats mais des grands oraux on en a ! » Et c’était parti. Pour commencer une attaque bien sentie sur « les cabinets de consultants qui ont gangréné les politiques publiques ». Puis il a détaillé son programme : « la lutte contre l’obésité, la pollution agricole, les pesticides, le plan santé au travail, le compte pénibilité, les burnout ». Bien sûr son plan pour « les 8 millions de personnes sans médecin » passe par « le conventionnement sélectif, l’obligation, même si ce n’est pas simple après tant d’années d’étude, après avoir tant donné à l’hôpital, mais j’assume ». Une autre politique très ferme, « J’interdirai l’ouverture d’EhPad privés à but lucratif » et le refus clair de la grande Sécu : « c’est mettre la santé à Bercy, donc c’est non ! » Yannick Jadot veut aussi « légaliser le cannabis, des cantines 100% bio, à l’école mais à l’hôpital aussi ». D’ailleurs un bon mot pour finir : « Les cantines c’est plus du bon sodexho que du bon bio ! »

 

Valérie Pécresse, grave et très appliquée

La candidate des républicains a ouvert son discours par un hommage appuyé aux soignants et aux victimes de la pandémie, avant de dérouler son programme santé au pas de charge. D’abord son constat, catastrophique : « Un système tenu à bout de bras, par un personnel de santé à bout de souffle ». Et le but de son projet « de santé publique globale : augmenter l’espérance de vie en bonne santé de 3 ans ». Quelques mesures clés : « J’ai choisi de garder la liberté d’installation. La consultation de généraliste passe à 30€ et les autres actes doivent être revalorisés », « Donner les clés de l’hôpital aux soignants avec plus d’autonomie, c’est débureucratiser l’hôpital », bien sûr « ses 4 000 docteurs junior dans les déserts médicaux » et une « alliance des professionnels de santé dans ces zones pour connaitre les besoins » et accompagné « d’une politique d’attractivité dans les métiers de santé, logement, garde d’enfant… ». Et en tant que « petite fille de psychiatre et de pédiatre, la santé mentale sera grande cause du quinquennat ».

 

Marine le Pen, adieu les ARS

On va croire que nous sommes partisans, mais la candidate du Rassemblement National, est venu lire son programme, comme une liste de courses, rapide, sans vraiment de conviction, et du coup on n’a pas tellement retenu grand-chose. « Moins de passage aux urgences, donner envie par l’incitation aux médecins de s’installer dans les zones sous dense, 600 000 personnes en Ehpad, il faut les maintenir à domicile, en tout 20 milliards pour la santé » Les seuls moments où elle s’est montrée éloquente c’est pour démolir avec vigueur les ARS. Une suppression qu’elle a réclamée au moins quatre ou cinq fois : « Dans les ARS chaque patron a son petit avis, une décision acceptée par l’une est refusée par l’autre, tout ça est très lourd et coute une fortune. Quand on voit comment ont fonctionné les ARS pendant la pandémie on aura aucun regret à les voir disparaitre. » Et un dernier mot sur les PADHUE, « dont la multiplication est une mauvaise manière pour les pays dont ils sont issus, qui se retrouvent, sans médecin. »

 

Fabien Roussel, « la santé n’est pas une charge pour un pays »

Le candidat communiste a clôturé ce grand oral avec sa faconde et sa bonhomie et a donc décliné son programme santé pour « des jours heureux pour la France », c’est son slogan. « Nous avons tous besoin de l’hôpital public, l’assurance maladie doit être repensée, les frais médicaux doivent être pris en charge à 100% pour tous » Pour lui entre la TVA et autre taxes, « l’Etat prélève plus d’argent à l’hôpital qu’il n’en apporte, un comble ! » donc on commence par « l’annulation de la dette des hôpitaux, embauches urgentes de soignants, revalorisation des salaires, car le Segur ne répond pas à ses objectifs. » Petit point, un peu plus impopulaire : « Je veux remettre sur la table l’obligation de garde des médecins généralistes et des anesthésistes du privé ». Et face à la crise et au surmenage des internes : « Peut-être qu’avant il fallait en chier pour montrer qu’on était capable, mais peut-être qu’il faut aussi changer d’époque. Les jeunes médecins n’ont plus envie de bosser 70 heures par semaine, ils veulent vivre être heureux et exercer leur métier avec passion. »

 

 

 

 

 

 

 

 

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