Dans la rue pour le système de santé

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Je fus interpellé par l’article paru dans l’Acadie Nouvelle du 25 août dernier intitulé «Crise en santé: appel à la manifestation».

Ce cri d’alarme nous enjoint à agir rapidement, car de toute évidence, notre système de santé est en chute libre. Faute de soins adéquats offerts au bon moment, des patients voient leur condition se détériorer et dans certains cas peuvent en mourir, sans parler de la souffrance et l’anxiété ainsi provoquée.

On ne peut laisser M. Higgs et son entourage immédiat décider seul et à huis clos de la destinée de nos soins de santé. Les soins de santé qui sont garantis sous la Loi canadienne de la santé. Nous avons droit à de meilleurs soins de santé d’urgence, des soins de santé de première ligne ou primaire de proximité, l’équité d’accès aux de soins secondaires et tertiaires tant au niveau rural qu’urbain.

Il faut empêcher le premier ministre de privatiser davantage notre système de santé. Il est bien connu que le but premier des entreprises privées est la recherche du profit. Selon ce que j’ai lu sur le sujet, un système de santé privé repose sur le marketing et l’expérience client ce qui le rend sélectif. Les entreprises du secteur privé en santé sont naturellement orientées à desservir une clientèle qui représente moins de risques de complications médicales, clientèle représentant en bout de ligne plus de bénéfices. Ce faisant, il laisse au secteur public les cas médicaux plus à risques exigeant plus de ressources.

Il est aussi à craindre que nos professionnels de la santé du secteur public migrent vers le secteur privé lorsqu’il offre des conditions de travail plus alléchantes. Nous risquons ainsi une surenchère faisant augmenter les coûts.

Le secteur privé, bien que réglementé, n’est pas autant redevable à la population, soit en matière de transparence et d’imputabilité, comparativement au secteur public.

Le rapport de 2020 de la vérificatrice générale démontre clairement l’échec du gouvernement à implanter des mécanismes de surveillance, de contrôle, d’indicateurs de rendement/performance et de reddition de comptes adéquats de la part des organismes privés qui reçoivent des fonds publics. Il évoque les lacunes dans le secteur des foyers de soins privés, de la compagnie Vestcor qui gère les plans de pension de milliers d’ex-fonctionnaires, et même du service d’ambulance géré par Medavie, dont le contrat avec la province fut mal structuré et dont les conditions émises dans ce contrat ne sont pas toujours dans l’intérêt supérieur des contribuables qui dépend d’un service de soins de santé fiable.

Ceci n’est certainement pas rassurant et c’est à se demander si ce transfert au privé est une occasion pour le gouvernement de ne pas faire face à ses responsabilités et à son devoir d’imputabilité de nous offrir les soins et services tels que le prévoit la loi sur la santé.

Pour ce qui est de la pénurie de main-d’œuvre actuelle, le Dr Michael Rachlis, professeur bien connu en Ontario, soutient que le recrutement des professionnels internationaux fait partie de la solution, mais cela ne se fera pas du jour au lendemain. Il s’interroge à savoir pourquoi les gouvernements ne s’engagent pas, dès maintenant à offrir aux professionnels déjà dans le système de santé public de meilleures conditions de travail le rendant ainsi plus attrayant pour la relève voir même pour des retraités du secteur qui le souhaiteraient revenir quelque peu sur le marché du travail.

Norma McGraw
Tracadie

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