- L’association Asalée, qui emploie 2.000 infirmières en France, a déclaré être en cessation de paiement au début du mois.
- Depuis des mois, le conflit perdure avec l’Assurance maladie, qui a suspendu le versement de ses fonds depuis décembre.
- Une coalition de syndicats de professionnels de santé libéraux exige ce lundi « une transparence totale sur l’utilisation des fonds publics » pour la « reprise du financement ».
Tandis que la polémique ne cesse d’enfler depuis quelques semaines, la tension a encore grimpé ces dernières heures. Les Libéraux de santé, une coalition de syndicats de professionnels de santé libéraux, a appelé, lundi 23 mars, à la « mise à l’écart immédiate des dirigeants actuels »
d’Asalée, aujourd’hui en cessation de paiement. Cette association emploie 2.000 infirmières en France, qui exercent aux côtés de médecins libéraux pour suivre les patients atteints de pathologies chroniques, dont le diabète (nouvelle fenêtre).
Créée en 2004, Asalée est depuis des mois en conflit ouvert avec les pouvoirs publics et la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), son unique financeur à hauteur de 100 millions d’euros par an. Celle-ci a cessé de verser les fonds depuis décembre, reprochant à la gouvernance de l’association de ne pas mettre en œuvre les recommandations émises par un rapport de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales), qui s’est avéré très sévère sur sa gestion. Asalée a depuis déposé, début mars, une demande de cessation des paiements auprès du tribunal des activités économiques de Paris.
La coalition fustige un « refus de réforme » qui a conduit à « la cessation de paiement »
Dans un communiqué, la coalition des Libéraux de santé appelle la Cnam à ne pas relâcher la pression : elle souhaite que « tout soutien à une reprise du financement de l’association Asalée »
par l’Assurance maladie « soit conditionné à une transparence totale sur l’utilisation des fonds publics »
. Elle exhorte ainsi à « la mise à l’écart immédiate des dirigeants actuels dont le refus de réforme a conduit le dispositif à la cessation de paiement »
.
La coalition des Libéraux de santé regroupe des syndicats de soignants libéraux (nouvelle fenêtre) parmi les plus importants de leur secteur d’activité : CDF (dentistes), la CSMF (médecins), la FFMKR (kinés), la FNI (infirmiers), la FNO (orthophonistes), la FNP (podologues), la FSPF (pharmaciens), le SDA (audioprothésistes), le SDBIO (médecins biologistes) et le SNAO (orthoptistes).
Les syndicats de salariés CFDT et Unsa, inquiets pour le paiement des salaires des infirmières, s’étaient quant à eux prononcés en février pour la mise en redressement judiciaire. Vendredi, l’Unsa a de nouveau critiqué l’attitude de la gouvernance de l’association. Ses positions « ne font que fragiliser l’association et donc contribuent à laisser les salariés dans une situation de précarité sociale et économique inacceptable »
, a-t-elle estimé dans un communiqué.
De son côté, Asalée estime de son côté avoir « répondu à toutes les demandes de l’Igas »
. « Nous avons payé les salariés en décembre, en janvier en faisant le maximum »
mais « nous arrivons un peu au bout de la corde »
, a déclaré début mars à l’AFP sa présidente, la docteure Margot Bayart, ancienne vice-présidente du syndicat de généralistes MG France.
Selon l’association, une audience est prévue le 27 mars devant le tribunal judiciaire de Paris pour examiner sa situation. La Cnam avait elle assuré dans un communiqué au début du mois que la continuité des paiements « demeure la priorité absolue de l’Assurance maladie et du ministère chargé de la Santé »
.




