Avec notre correspondant à Moscou, Jean-Didier Revoin
Une semaine après l’exclusion de Iabloko (le Parti démocratique russe unifié) des législatives de septembre, le vice-président du seul parti critique de l’opération militaire spéciale comme on l’appelle en Russie a été très lourdement condamné.
Lev Schlosberg passera en effet 11 ans et un mois en colonie pénitentiaire. Son crime ? Avoir appelé à un cessez-le-feu rapide en Ukraine lors d’un débat vidéo, doublé de la « diffusion de fausses informations » sur la guerre lors d’un partage sur sa chaîne Telegram.
Lors de sa dernière prise de parole, Lev Schlosberg a clamé son innocence. Il s’est dit victime d’un procès politique et a répété son appel à un cessez-le-feu immédiat. Il a en outre fait remarquer que les cimetières s’étendaient désormais bien plus vite que les écoles, les maternités et les jardins d’enfants, lançant à la juge : « Je vous plains votre Honneur ! Vous devrez vivre avec cela ».
Cette sentence confirme donc la mise hors-jeu de toute voix s’opposant aux opérations que l’armée russe mène en Ukraine. En juin dernier, Maxime Krouglov, un autre cadre du parti avait été condamné à sept ans de colonie pénitentiaire pour des raisons similaires.
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