mercredi, juin 3

Les faits remontent à décembre 2025, mais c’est la diffusion, lundi 1ᵉʳ juin 2026 au soir, d’une vidéo de l’intervention policière qui a relancé la polémique au Royaume-Uni, rapporte notre correspondante à Londres, Emeline Vin.

On y voit des policiers intervenir auprès de deux hommes sikhs qui affirment avoir été victimes d’une agression raciste. À proximité, Henry Nowak, 18 ans, gît au sol. À peine conscient, il répète à plusieurs reprises, d’une voix faible : « Je n’arrive pas à respirer » et « J’ai été poignardé » – les mêmes que ceux de l’Afro-Américain George Floyd. Menotté par les policiers, le jeune homme décède moins d’une heure plus tard.

Les images ont provoqué une vive émotion dans le pays. Le Premier ministre travailliste, Keir Starmer, a qualifié les images d’« atroces », disant avoir eu « la nausée en les regardant ». La police va devoir répondre à « des questions graves », a-t-il estimé. Le père de l’étudiant a appelé l’IOPC – la police des polices – à mener une enquête « complète, courageuse et transparente », estimant que son fils avait été traité par la police de manière « ​​​​​​​inhumaine et dégradante ». Son rapport doit être publié sous trois mois. L’un des policiers mis en cause a déjà démissionné.

Le meurtrier condamné à 18 ans de prison

S’il y a bien eu une altercation, le caractère raciste n’est pas avéré. L’auteur des cinq coups de couteau, Vickrum Digwa, a été condamné lundi 1ᵉʳ juin à 18 ans de prison. Au cours de l’enquête, il avait affirmé avoir été victime d’une agression raciste et avoir agi en état de légitime défense après des insultes et des coups. Une version qui s’est révélée mensongère : l’homme avait attaqué Henry Nowak avec un couteau d’une vingtaine de centimètres, qu’il a déclaré porter dans le cadre de sa foi.

Au lendemain de sa condamnation, il a brièvement comparu devant un tribunal de Southampton, avec son père et son frère, pour répondre de plusieurs chefs d’accusation liés à la possession d’armes – dont une machette et des épées –, découvertes par la police le lendemain du meurtre. De son côté, sa famille a présenté ses excuses à la famille de la victime ainsi qu’à la communauté sikhe pour avoir « ​​​​​​​injustement porté atteinte à sa réputation ».

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L’extrême droite anglaise dénonce un prétendu « racisme de la police »

Quelques heures avant la manifestation, le dirigeant nationaliste Nigel Farage a dénoncé un maintien de l’ordre « à deux vitesses », qu’il estime favorable aux minorités ethniques. Il a appelé ses partisans à répondre avec une « rage pure et froide » pour défendre les « ​​​​​​​vies blanches », une formule régulièrement utilisée dans les milieux suprémacistes blancs aux États-Unis.

Le rassemblement du 2 juin a commencé devant le commissariat de Southampton, puis a dégénéré près des lieux du crime, où des manifestants s’en sont pris aux forces de l’ordre en lançant des briques, des bouteilles et des poubelles dans leur direction. Onze policiers ont été blessés et deux personnes ont été interpellées.

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Keir Starmer appelle au calme

Des heurts qualifiés de « ​​​​​​​violences honteuses » par la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood. « ​​​​​​​Rien ne peut justifier qu’on détourne cette tragédie pour attiser la violence et les troubles à l’ordre public », a-t-elle écrit sur X dans la soirée.

De son côté, Keir Starmer essaie d’éteindre l’incendie. « ​​​​​​​La réaction de Nigel Farage a été d’inciter à la colère. Recourir à la colère pour semer la discorde et la haine serait condamnable en toutes circonstances, mais le faire alors que la famille demande expressément d’arrêter est impardonnable. Cela révèle sa véritable nature. » « ​​​​​​​Peu importe la douleur que nous ressentons » après le meurtre d’Henry Nowak, « ​​​​​​​il n’y a aucune justification à davantage de violence », a-t-il déclaré au Parlement.

Dans la foulée, la police a annoncé qu’elle allait revoir ses règles de conduite. Depuis 2025, les agents devaient traiter différemment les personnes en fonction de leur origine ethnique. Une formulation « pas appropriée », a reconnu le gouvernement britannique.

Lors d’une manifestation à la suite de la mort d’Henry Nowak, à Southampton (Royaume-Uni), le 2 juin 2026

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