- Philip Young, 49 ans, a admis devant la justice une vingtaine de viols et d’agressions sexuelles contre son ex-femme, Joanne Young, qu’il a droguée à plusieurs reprises.
- La victime a donné son accord pour révéler son identité, et la police locale a salué son « courage incroyable ».
- Les faits, qui se sont produits sur une période de 13 ans, rappellent tragiquement l’affaire Pelicot.
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Le procès hors norme des viols de Mazan
Une affaire glaçante, aux échos saisissants avec le procès de Dominique Pelicot en France (nouvelle fenêtre). Un Britannique de 49 ans a reconnu vendredi 23 janvier devant la justice avoir drogué et violé à de nombreuses reprises pendant plus de dix ans son ex-femme, qui a décidé de renoncer à son droit à l’anonymat.
À l’instar de la Française Gisèle Pelicot, devenue un symbole de la lutte contre les violences sexuelles pour avoir refusé le huis clos au procès (nouvelle fenêtre) de son ex-mari, la victime dans ce dossier a autorisé la police à révéler son identité. Joanne Young, 48 ans, a assisté vendredi à l’audience qui se tenait devant la cour criminelle de Winchester (sud de l’Angleterre), accompagnée de sa soeur et d’un agent chargé du soutien aux victimes. Elle ne s’est toutefois pas exprimée devant les nombreux journalistes présents au tribunal.
Une substance administrée pour l' »étourdir » ou la « maîtriser »
Inculpé de 56 faits distincts, longuement énumérés à l’audience, son ex-mari, Philip Young, a admis 48 des charges retenues contre lui, dont une vingtaine de viols et d’agressions sexuelles, qui se sont produits sur une période de 13 ans entre 2010 et 2023. Il a aussi reconnu avoir administré à plusieurs reprises une substance (nouvelle fenêtre) à son ancienne conjointe, « avec l’intention de (l’)étourdir ou de (la) maîtriser afin d’avoir un rapport sexuel »
.
Cet ancien élu local conservateur, selon les médias britanniques, a également reconnu des actes de voyeurisme. Il a en revanche plaidé non coupable de huit autres charges, notamment d’avoir réalisé des images indécentes d’enfants et de possession d’images pornographiques extrêmes, entre 2019 et 2024. Il avait été placé en détention et inculpé fin décembre par la police du Wiltshire, et une audience aura lieu ultérieurement, durant laquelle la juge déterminera sa peine.
Vendredi, le responsable de la police du Wiltshire, Geoff Smith, a salué le « courage incroyable »
de Joanne Young, ainsi que le travail « acharné »
des enquêteurs « qui a permis que (Philip) Young soit traduit en justice pour ses actes odieux »
.
Un procès dès octobre pour cinq autres accusés
Cinq autres hommes, âgés de 31 à 61 ans, ont également comparu vendredi devant le même tribunal, accusés de viols ou d’agressions sexuelles sur Joanne Young. Quatre ont plaidé non coupable, et l’un d’entre eux ne s’est pas encore prononcé. Ils comparaissaient libres et étaient arrivés au tribunal en masquant, pour certains d’entre eux (nouvelle fenêtre), leur visage. Leur procès doit se tenir à partir du 5 octobre 2026.
La police n’a pas donné de détails, notamment sur l’endroit où les agressions présumées ont été commises, mais elle a révélé que le principal accusé avait un temps vécu dans la ville de Swindon, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Londres, tout comme trois des autres hommes.
En France, Gisèle Pelicot a été violée pendant une décennie à son domicile de Mazan (sud) par des dizaines d’inconnus que son mari, Dominique Pelicot, qui la droguait et recrutait sur internet les hommes venant la violer. Elle a refusé que le procès de celui-ci se déroule à huis clos et l’affaire a eu un retentissement international.




