lundi, mai 25

A 17 ans, le jeune espoir français Moïse Kouame, 318e joueur mondial, va faire ses débuts en Grand Chelem mardi à Roland-Garros, où une première victoire confirmerait les grandes attentes suscitées par son ascension fulgurante.

Après une série de performances prometteuses depuis le début de l’année, le natif de Sarcelles (Val-d’Oise) a bénéficié d’une invitation des organisateurs pour le tableau principal de Roland-Garros.

Plus tôt dans l’année, il avait déjà bénéficié de deux « wild cards » lui permettant d’intégrer directement le tableau final des prestigieux Masters 1000 de Miami et Monte-Carlo.

« C’est un privilège pour moi d’être ici, si jeune », reconnaît humblement Kouame, éliminé au premier tour des qualifications de Roland-Garros en 2025.

Depuis longtemps identifié comme un très grand potentiel, le Français n’était encore que 833e mondial au début de l’année. Il a décroché depuis trois titres sur le circuit ITF, la troisième division du tennis professionnel, et s’est offert sa première victoire en Masters 1000 à Miami en renversant l’Américain Zachary Svajda (alors 96e) en trois sets.

Un succès qui a fait de lui le plus jeune joueur à gagner un match dans un tournoi de cette catégorie depuis… un certain Rafael Nadal (16 ans) à Monte-Carlo en 2003.

Des records de précocité qui font couler beaucoup d’encre, alors que le tennis français attend toujours le successeur de Yannick Noah, dernier joueur tricolore à soulever la Coupe des Mousquetaires… en 1983.

Pour Nicolas Mahut, ex-37e mondial en simple, il faut savoir raison garder. « Il va gagner en Challenger (deuxième division du tennis, NDLR), il va être très bon très rapidement et on va beaucoup en parler. Mais pour l’instant, laissons‐le tranquille », implorait-il en février sur Eurosport.

– « Impressionnant à 17 ans » –

Moïse Kouamé, lui, sait qu’il est « toujours en apprentissage ». De son propre aveu « loin d’être parfait », il « se prépare » du mieux qu’il peut à la pression qu’il va connaître pendant les « 10-15 prochaines années » de sa carrière.

« Ca ne va jamais trop vite », assurait-il début avril avant le Masters 1000 de Monte-Carlo, quand les journalistes le comparaient au footballeur Kylian Mbappé, notamment célèbre pour sa punchline « moi tu ne me parles pas d’âge ».

Hasard ou pas, il est entraîné par Richard Gasquet, qui s’était révélé en Principauté à seulement 15 ans et 10 mois en battant au 1er tour Franco Squillari (54e), demi-finaliste à Roland-Garros. Une victoire qui avait encore plus braqué les projecteurs sur le Biterrois, déjà en une d’un magazine spécialisé à neuf ans à peine.

Le jeu de Kouame impressionne déjà ses compatriotes, comme le futur retraité Gaël Monfils, 39 ans, qui a partagé un entraînement avec lui à Monte-Carlo.

« Il joue déjà un style de jeu beaucoup plus franc, il est déjà ultraphysique à 17 ans », l’avait complimenté +La Monf+, lui-même réputé pour ses exceptionnelles qualités physiques.

Monfils louait aussi en avril « un très bon coup droit » chez Kouame, « un bien meilleur revers que le (sien), un bon canon au service. Il a une maturité déjà impressionnante sur le terrain », l’encensait-il encore.

Pour Ugo Humbert, qui l’avait battu 6-3, 7-5 au premier tour en Principauté, il est encore « très perfectible » mais il a un « super potentiel ». « Il me fait penser un peu à Gaël (Monfils), il est malin, il a une super main, une super première balle à 215 km/h. A 17 ans c’est impressionnant », analyse le Messin.

Mardi à Paris, il va découvrir les matches au meilleur des cinq manches, qu’il n’a vus jusqu’ici qu' »à la télé ».

De l’autre côté du filet l’attend le vétéran croate Marin Cilic (46e mondial à 37 ans), vainqueur de l’US Open en 2014 et demi-finaliste de Roland-Garros en 2022.

aco/dga/smr

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