lundi, mai 18

  • Une vingtaine de membres présumés du clan Yoda comparaissent devant le tribunal correctionnel de la cité phocéenne à compter de ce lundi.
  • À la tête de ce gang marseillais, Félix Bingui est jugé pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment.
  • Rival du puissant DZ Mafia, son organisation criminelle avait été défaite après des mois de confrontations sanglantes.

Suivez la couverture complète

La France en proie au narcotrafic

Une figure du narcobanditisme marseillais devant la justice. Présenté comme le « chef incontestable » du clan Yoda (nouvelle fenêtre), Félix Bingui comparaît à partir de ce lundi 18 mai. Pendant trois semaines, celui qui avait été défait après une guerre sanglante contre la DZ Mafia en 2023 sera jugé aux côtés de 19 coprévenus, tous membres présumés de son réseau. Le procès, prévu jusqu’au 5 juin, doit s’ouvrir en début de matinée devant la 7e chambre du tribunal correctionnel de Marseille, spécialisée dans la criminalité organisée, avec un dispositif de sécurité renforcé.

À 35 ans, avec 13 mentions au casier judiciaire, notamment pour vols, détention d’armes ou encore trafic de stupéfiants, Félix Bingui a fait toute sa « carrière » dans le narcotrafic (nouvelle fenêtre). Sa dernière condamnation en date, à six ans de prison, remonte à octobre 2024. Il était alors incarcéré à Casablanca, au Maroc (nouvelle fenêtre), à la demande des autorités françaises.

Une rivalité meurtrière entre deux gangs ennemis

Extradé en janvier 2025, il est jugé cette fois pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment, le tout en récidive, dans le cadre d’une enquête portant sur plusieurs points de vente des quartiers Nord de Marseille (nouvelle fenêtre). L’un des principaux est celui de « La Fontaine », situé à l’entrée de la cité de la Paternelle, dans le 14e arrondissement. C’est cette cité d’à peine 700 habitants qui sera, début 2023, au cœur de la guerre de territoires entre les Yoda – qui tirent leur nom du maître Jedi de Star Wars et la future DZ Mafia.

Les mois suivants, Marseille connaît une vague record d’une cinquantaine de narcomicides, dont 35 directement liés à cette rivalité entre les deux gangs, et des dizaines de blessés dans des règlements de comptes. En mai 2023, c’est le beau-frère de Félix Bingui, Omar Benchicha, et un autre membre éminent du clan qui sont assassinés à Salou, en Catalogne, provoquant l’exil à l’étranger de plusieurs rescapés des Yoda (nouvelle fenêtre).

Appartements « nourrices » (d’armes ou de drogues), lignes téléphoniques dédiées, communications cryptées, prête-noms : Félix Bingui, qui nie toutes les accusations portées contre lui, alterne entre séjours à l’étranger (Espagne, Maroc, Dubaï) et passages à Marseille. 

Un « cercle restreint de proches », des « larbins » selon des codétenus

Selon l’enquête, il avait mis en place un réseau « particulièrement organisé », avec à sa tête « un cercle restreint de proches sur lesquels il s’appuie ». Ses « larbins », ont déclaré en audition certains coprévenus. Parmi eux figurent celui que les enquêteurs désignent comme son « bras droit », Mohamed Hussein Saleh, dit « Pirate », et Zine Eddine Belkai, qualifié de « grand gérant » des points de vente, l’un des deux accusés sous le coup d’un mandat d’arrêt et qui serait « durablement » installé au Maroc. Le procès abordera également le train de vie somptuaire des accusés, qui pour la plupart ne déclaraient aucun revenu. 

Après ce procès, Félix Bingui, incarcéré dans la prison ultrasécurisée de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), n’en aura pas fini avec la justice : il a été mis en examen en février 2025 notamment pour « complicité de tentative d’assassinat » dans une autre affaire dont l’instruction est toujours en cours. Son procès se déroule un peu plus d’un mois après celui de deux chefs présumés de la DZ Mafia pour un double assassinat commis en 2019. L’un a été condamné à vingt-cinq ans de réclusion, l’autre acquitté. 

M.L. avec AFP

Share.
Exit mobile version