dimanche, janvier 18

Dans la longue histoire des interventions des Etats-Unis, directes ou indirectes, en Amérique latine – au moins 70 ont été comptabilisées par les historiens –, le président actuel, Donald Trump, a réussi une opération inédite : pour la première fois, le pays a attaqué militairement un Etat d’Amérique du Sud, le Venezuela.

Par le passé, des invasions avaient visé le voisinage proche : le Mexique, l’Amérique centrale et les Caraïbes – la plus récente, au Panama, en 1989, marquée par l’enlèvement du général au pouvoir, Manuel Noriega. Quelques militaires avaient aussi été envoyés, au XIXe siècle, dans des pays plus éloignés, surtout pour protéger des citoyens états-uniens.

Cette fois, avec l’enlèvement, dans la nuit du 2 au 3 janvier, du président vénézuélien, Nicolas Maduro, et de son épouse, Cilia Flores, « un seuil a été franchi, et les conséquences sont imprévisibles », alerte Jorge Heine, ancien ministre et diplomate chilien, dans le Responsible Statecraft, publication du Quincy Institute, un think tank établi à Washington. Selon lui, la justification officielle de l’opération – le fentanyl que le Venezuela exporterait en masse vers les Etats-Unis – s’apparente au prétexte qu’avaient constitué « les armes de destruction massive inexistantes, lors de l’invasion de l’Irak en 2003 ».

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