Avec notre correspondant au Caire, Martin Dumas Primbault
C’est pour mettre à l’abri sa femme et ses trois enfants que Mohamed, 31 ans, a décidé de rejoindre l’Égypte début 2024. « La vie est très dure pour les Palestiniens, explique le père de famille. Ici, nous sommes sans papiers. Donc on ne peut pas louer un appartement à notre nom ou avoir un travail. Malgré tout, ça reste plus sûr qu’à Gaza. »
La précarité grandissante le pousse à envisager un retour malgré les risques. « Je réfléchis à retourner à Gaza mais j’ai peur d’être arrêté. Deux femmes qui ont pu rentrer rapportent avoir subi des interrogatoires du côté israélien », souffle-t-il.
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« Ils sont capables de tout »
Sur son téléphone, le trentenaire se repasse la vidéo d’une femme dénonçant des violences de la part des soldats israéliens lors de son transfert. « Elle dit avoir été menottée et masquée. Les soldats lui ont dit qu’ils voulaient faire d’elle une espionne ou la mettre en prison. Et c’était une femme », s’indigne-t-il.
« S’ils avaient eu affaire à des hommes, ils les auraient interrogés, c’est sûr. Ils sont capables de tout : vous arrêter, ou même vous tuer ». Depuis le début de la guerre menée par Israël sur la bande de Gaza, plus de 100 000 Gazaouis comme Mohamed ont trouvé refuge en Égypte.
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