[Ancien compagnon de route de la gauche – il fut un temps encarté au Parti socialiste –, Renaud Camus a côtoyé Andy Warhol à New York et Louis Aragon en France. Désormais âgé de 79 ans, cet auteur prolifique (plus de 160 livres publiés) est surtout connu pour avoir développé, ces dernières années, le concept de « grand remplacement », donnant ainsi des arguments aux partisans de la « remigration », notamment à Eric Zemmour. L’enquête très fouillée de Gaspard Dhellemmes et Olivier Faye dresse le portrait glaçant d’un écrivain devenu idéologue. Extraits.]
Ce 11 mars 2023, Renaud Camus se trouve face à un dilemme. Et, comme tous les jours depuis quarante ans, il convie les lecteurs de son journal à assister aux plis et replis de sa délibération intime. « Deux journalistes veulent écrire ma biographie », consigne-t-il. « Ce sont des journalistes de M, le magazine du Monde : donc il ne peut s’agir que d’une biographie extrêmement hostile, voire haineuse, nécessairement haineuse. »
Quatre ans presque jour pour jour ont passé depuis la tuerie de Christchurch [attentats islamophobes commis dans cette ville de Nouvelle-Zélande le 15 mars 2019, ayant causé 51 morts et 49 blessés]. D’autres massacres ont eu lieu au nom de la lutte contre le « grand remplacement ». Les services de renseignement, en France, s’inquiètent de la menace terroriste grandissante que fait peser l’ultradroite. Un courant en pleine expansion, alimenté par la peur du déclin et de ce « changement de peuple » dont parle Renaud Camus, écrivain devenu idéologue. Sa pensée a infusé le discours de certains candidats à l’élection présidentielle de 2022, Eric Zemmour en tête. Elle inspirera aussi les nouvelles élites trumpistes de Washington dans leur reconquête du pouvoir. (…)
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