La prise en charge à 100 % des fauteuils roulants par l’Assurance-maladie, en vigueur depuis le 1er décembre 2025, a été saluée comme une grande avancée par les personnes en situation de handicap : la fin de parcours interminables pour se faire rembourser, souvent de manière très incomplète, un équipement indispensable à l’autonomie. Mais, deux mois et demi après, le démarrage ne se fait pas sans heurts.
« Le déploiement sur le terrain est à l’arrêt », ont alerté, dans un communiqué, mercredi 18 février, les représentants des prestataires de santé à domicile et des distributeurs de matériel. Selon les remontées de leurs adhérents, les trois syndicats du secteur affirment que 60 % des demandes d’accord préalable sont refusées par l’Assurance-maladie, et qu’à l’étape suivante, 40 % des dossiers font l’objet de refus de paiement.
Contactée par Le Monde, la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) recense plutôt « 30 % d’avis défavorables ou défavorables partiels rendus après examen des demandes d’accord préalable » et des taux de rejet sur 25 % des factures, principalement en raison de « dossiers incomplets » ou non conformes. Alors que les règles de prescription et les codes des produits ont changé, la CNAM souligne que « les prescripteurs et les prestataires sont encore en phase d’appropriation de la nouvelle nomenclature ».
Le député Sébastien Peytavie (Génération.s, Dordogne), qui a recueilli depuis décembre 2025 des témoignages d’usagers par le biais d’une plateforme en ligne de suivi de la réforme, constate aussi « un flottement, car tous les fauteuils ne sont pas encore homologués », notamment parmi les modèles pour enfants, et « de nombreux devis pour fauteuils identiques [au précédent] rejetés par les caisses primaires d’Assurance-maladie ».
Manque de spécialistes
Avant la prise en charge financière, les usagers doivent obtenir une prescription, qui peut être réalisée, selon la catégorie du fauteuil, par un médecin, un ergothérapeute ou une équipe pluridisciplinaire, comprenant un spécialiste de médecine physique ou de réadaptation ou un médecin ayant un diplôme d’appareillage, et un ergothérapeute ou un kinésithérapeute. Avec « des délais pouvant atteindre un an dans certains territoires », selon le communiqué des prestataires. Les associations de patients déplorent de longue date le manque de spécialistes dans certains territoires, et le « risque de saturation » avait été pointé en septembre 2025 par les syndicats d’ergothérapeutes.
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