Perruque ajustée, visage fardé à la manière d’un personnage animé, Li Ming passe son samedi après-midi dans un salon de bubble tea d’une petite ville du Fujian, une province du sud-est de la Chine. Sa mère, assise à côté, fait tapisserie. L’adolescente guette l’arrivée de sa meilleure amie. Leur programme : se parer de faux ongles et immortaliser le résultat, grimaces incluses, sur les réseaux sociaux.
Agée de seulement 12 ans, Li Ming a déjà acquis une petite notoriété numérique : 9 010 abonnés la suivent sur son compte Kuaishou, le TikTok des petites villes et des campagnes. Elle y poste de courtes vidéos de danse. Sa marque de fabrique est l’ajout d’un filtre qui, à chaque apparition, lui greffe virtuellement sur le visage un museau et des oreilles de chien.
« J’ai un téléphone depuis ma deuxième année d’école primaire, sans parler d’une montre connectée », affirme Li Ming. « En fait, c’est l’un de mes deux téléphones et je n’impose pas de limite, rectifie sa mère. Ma seule condition est que les devoirs soient terminés. » L’amie de la jeune fille doit, quant à elle, composer avec une supervision parentale plus stricte : une fonctionnalité, apparue en juin 2025, permet à sa mère de prendre le contrôle de son appareil, un Huawei, dont elle se sert « surtout pour les jeux vidéo en ligne ». Aujourd’hui, elle est limitée à deux heures, tous usages confondus. Au-delà, le smartphone peut seulement prendre des photos, et recevoir ou émettre des appels auprès d’une poignée de numéros préenregistrés.
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