mardi, avril 7

  • L’équipage d’Orion a mis le cap sur la Terre, après avoir observé la Lune pendant des heures, depuis une perspective inédite.
  • Les quatre astronautes ont franchi un record de distance par rapport à la planète bleue, et ont pu découvrir des régions de la face cachée de l’astre, encore jamais vues.
  • Ils sont désormais attendus vendredi, au large de la Californie.

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Avec Artemis, l’Homme bientôt de retour sur la Lune

En quelques heures seulement, ils ont découvert des cratères lunaires méconnus, observé un coucher et un lever de Terre aux premières loges, et même aperçu une éclipse solaire. Les quatre astronautes d’Artemis II (nouvelle fenêtre) ont repris le chemin de la Terre ce mardi, après un survol de la Lune riche en moments forts. Non seulement l’équipage vient de réaliser le premier vol autour de la Lune depuis 1972, mais il est allé plus loin dans l’espace qu’aucun humain avant lui, à plus de 406.000 km de la Terre.

« Nous reviendrons », a lancé Christina Koch, exploratrice chevronnée qui entre dans les livres d’histoire comme la première femme à survoler la Lune. « Nous serons sources d’inspiration, mais nous choisirons toujours la Terre. » Elle partageait le vol avec ses compatriotes américains Reid Wiseman et Victor Glover, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen. Collés aux hublots pendant pendant près de sept heures, ils ont bénéficié d’une perspective inédite pour observer la Lune (nouvelle fenêtre), plus élevée (6.500 km) que la vue plus écrasée de leurs prédécesseurs d’Apollo, à une centaine de kilomètres. 

Un spectacle « incroyable » observé en orbite

Découvrant avec émerveillement les paysages lunaires, ils ont livré d’innombrables descriptions des reliefs ou encore des ombres brunes et verdâtres des cratères et du sol lunaires. « On voit un très beau double cratère. On dirait un bonhomme de neige », a dépeint le pilote Victor Glover, devenu lui le premier astronaute noir à participer à une mission lunaire. « C’est vraiment difficile à décrire. C’est incroyable ».

Les astronautes ont observé des régions de la face cachée qui « n’étaient jamais apparues illuminées lors des missions Apollo », a confié à l’AFP, à la fin de cette journée historique, Jenni Gibbons, l’astronaute canadienne qui a assuré lundi toutes les communications avec l’équipage depuis la salle de contrôle de la Nasa à Houston. « Certaines des caractéristiques qu’Artemis II a observées et décrites aujourd’hui, aucun œil humain ne les avait jamais vues (nouvelle fenêtre)« , a-t-elle expliqué. « C’est la première fois que les caméras les plus sensibles au monde, à savoir les yeux humains, ont pu les observer. »

Le centre de contrôle de la Nasa à Houston, au Texas, le 6 avril 2026. – AFP

Au cours du survol, les astronautes sont passés pendant 40 minutes derrière la Lune, ce qui a coupé les communications. Ils ont assisté à ce spectacle observé par quelques humains seulement dans l’histoire : un coucher et un lever de Terre. Ainsi qu’une éclipse où la Lune a bloqué le Soleil, digne de « science-fiction », s’est exclamé Victor Glover. Ils comptaient notamment immortaliser le lever de Terre, comme en 1968 leurs prédécesseurs d’Apollo 8, les premiers à avoir tourné autour de la Lune (nouvelle fenêtre)

L’équipage appelle à ce que « ce record soit de courte durée »

Le survol a été retransmis en direct et en très haute définition sur plusieurs plateformes comme Netflix et YouTube, grâce à des caméras GoPro installées à l’extérieur du vaisseau. « Je ne saurais trop insister sur l’ampleur de ce que nous avons appris aujourd’hui », a lancé en fin de journée Kelsey Young, responsable scientifique de la mission.

Cette capture d'écran tirée d'un direct de la Nasa montre les membres de l'équipage d'Artemis II, en train de s'entretenir avec le président américain Donald Trump lors d'un appel à bord du vaisseau spatial Orion, le 6 avril 2026.
Cette capture d’écran tirée d’un direct de la Nasa montre les membres de l’équipage d’Artemis II, en train de s’entretenir avec le président américain Donald Trump lors d’un appel à bord du vaisseau spatial Orion, le 6 avril 2026. – Document fourni / NASA / AFP

Le record de distance depuis la Terre n’est que de 6.000 km (nouvelle fenêtre), par rapport à celui de l’équipage d’Apollo 13 en 1970, mais il a été célébré par la Nasa et le président Trump comme la preuve du renouveau du programme spatial habité américain, le président promettant même Mars un jour (nouvelle fenêtre). Le chef de la Maison Blanche a d’ailleurs appelé les astronautes pour les féliciter chaudement. « Aujourd’hui vous êtes entrés dans l’histoire et vous avez rendu toute l’Amérique vraiment fière, incroyablement fière », a-t-il lancé. 

« Nous choisissons ce moment pour lancer un défi à notre génération et à la suivante, afin de nous assurer que ce record soit de courte durée », a déclaré de son côté peu après le record Jeremy Hansen. L’équipage en a également profité pour faire une demande spéciale : nommer deux cratères de la Lune, l’un en l’honneur de leur vaisseau, baptisé « Integrity » (« Intégrité »), et l’autre pour Carroll Taylor Wiseman, la femme décédée du commandant. La demande a fait fondre en larmes le groupe (nouvelle fenêtre)

Leur retour aura lieu vendredi au large de la Californie, où leur capsule Orion amerrira, ralentie par des parachutes. Si cette mission et la suivante, l’an prochain, se déroulent bien, l’agence spatiale américaine prévoit de faire alunir des astronautes en 2028.

M.L. avec AFP

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