D’ici à mars 2029, les comités exécutifs des grandes entreprises devront comprendre 40 % de femmes. Pour se mettre en conformité avec la loi Rixain, qui impose ce quota, un effort sans précédent de promotion des femmes est en cours au sein des firmes. Mais, alors que la plupart des cadres qui sont pressenties approchent ou dépassent les 50 ans, le fait qu’elles soient le plus souvent ménopausées reste un impensé.
Les femmes cadres de haut niveau seraient-elles immunisées contre les bouffées de chaleur, les nuits perturbées et la fatigue qui en résulte ? Capables d’être toujours à leur maximum ? Les témoignages que nous avons recueillis montrent une réalité bien différente. Comme les 17 millions de Françaises ménopausées, les vies des femmes cadres se trouvent chamboulées par les changements hormonaux qu’elles traversent autour de la cinquantaine, avec des conséquences notables sur leur sommeil, leur niveau d’énergie, leur capacité de concentration, leur apparence.
Aucune des participantes à notre enquête n’a demandé à bénéficier d’aménagements particuliers pour pouvoir mieux supporter les effets de la ménopause. Personne ne leur a d’ailleurs rien proposé de tel. En revanche, la plupart ont affirmé que leur carrière était concrètement affectée par leur situation. Beaucoup se sentent moins reconnues parce que ménopausées. Celles dont le poste implique une forte visibilité publique se sentent particulièrement pénalisées par leurs transformations physiques.
Le rapport sur la ménopause rendu en avril 2025 par Stéphanie Rist, aujourd’hui ministre de la santé, pointait ces difficultés, cette double peine qui atteint l’ensemble des femmes souffrant, à cette période de leur vie, tout à la fois de difficultés spécifiques, non prises en compte, et d’un regard sans aménité porté sur elles.
La situation des Françaises apparaît comme particulièrement préoccupante à cet égard, étant donné l’importance traditionnellement accordée à l’apparence féminine dans l’Hexagone. Beaucoup des cadres que nous avons interrogées nous ont dit investir à ce moment de leur vie dans des vêtements plus coûteux, voire dans des opérations de chirurgie esthétique, afin de garder une apparence plus jeune et d’éviter ainsi d’être discriminées.
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