vendredi, janvier 30
Raül Refree et Maria Mazzotta, en octobre 2025.

L’expression « casser les codes » est un cliché journalistique, appliqué en outre à des artistes souvent bien conformistes. Elle sied pourtant au musicien catalan Raül Refree, à en juger par les réactions à ses concerts en duo avec le chanteur valencien Niño de Elche. Il est rare que des spectateurs partent à NoBorder, « festival de musiques populaires du monde » organisé à Brest (Finistère). Au Quartz, quelques-uns n’ont pas supporté cette soirée de « postflamenco » et le dynamitage de la tradition andalouse par les deux desperados.

Ils y présentaient Cru+es, titre d’un album paru en octobre 2025 et d’un spectacle déroutant, une expérience mystique faite de contemplation, de tension et d’explosion, la voix rauque et déchirée du cantaor se posant sur des nappes ambient de synthétiseur ou des lignes maladroites de guitare espagnole. Une approche hérétique, comme lorsque Camaron de la Isla (1950-1992) avait fait rocker le flamenco et horrifié les puristes en mêlant guitare électrique, basse et batterie aux palmas dans son disque révolutionnaire La leyenda del tiempo (1979).

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