jeudi, mai 21

Le gouvernement américain a annoncé mercredi l’inculpation de Raúl Castro. L’ancien président cubain fait face à sept chefs d’accusation liés à la mort de trois Américains et d’un résident américain en février 1996 quand leurs avions avaient été abattus par des Mig cubains. L’annonce a eu lieu à Miami, “le cœur de la communauté cubaine exilée”, comme le décrit le Washington Post. Plus précisément, en centre-ville, à la Freedom Tower, “un bâtiment vieux de 100 ans, symbole de l’exil cubain”, indique El País.

Le lieu n’a pas été choisi au hasard. La date non plus. L’inculpation remonte au mois d’avril mais elle a été officialisée ce 20 mai, le jour de l’indépendance de Cuba. “Considérée comme un jour de fête nationale par l’opposition”, la date est au contraire “démonisée par le régime qui le réduit à la célébration d’une république bourgeoise”, signale le Havana Times.

L’incident du 24 février 1996 avait “déclenché une crise diplomatique majeure” et conduit à un renforcement de l’embargo, rappelle le Times. “Un tournant dans les relations bilatérales”, dit encore le site. À l’époque, l’association Frères du secours survolait les côtes cubaines pour retrouver des dissidents quittant l’île. Deux de ses avions avaient été ciblés directement par l’armée de l’air cubaine alors que Castro était le ministre de la défense. Un autre avait réussi à s’échapper en restant caché dans les nuages, raconte CiberCuba. Son pilote, José Basulto, est toujours en vie aujourd’hui. Il a réagi avec “émotion” à la nouvelle, note le média en ligne. “Je souhaite cela depuis longtemps. J’ai souhaité que la justice soit rendue, que la justice devienne une réalité”, a-t-il déclaré.

Il n’est pas le seul. “Les Cubains américains du sud de la Floride ont célébré” l’inculpation de Raúl Castro, rapporte le Miami Herald. Le quotidien souligne que la mort des quatre Américains “vit depuis longtemps dans la mémoire collective” de la communauté. Pour Andy Herrera, un quinquagénaire originaire arrivé de Cuba dans les années quatre-vingt-dix, il s’agit d’une “victoire tardive”. Bryan Calvo, le maire de Hialeah, où vivent beaucoup d’exilés, a parlé d’“une blessure profonde dans notre communauté”. Cité par le Herald, il a expliqué que “nous sommes très heureux qu’il soit inculpé. Il n’est pas possible d’échapper à la justice”.

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