jeudi, mars 5
« Le Procès Pelicot, un oratorio », mis en scène par Milo Rau et Servane Dècle, au Festival d’Avignon, le 18 juillet 2025.

C’est un sentiment persistant qui s’accroît de spectacle en spectacle. La sensation que le théâtre est en train de chercher des formes nouvelles, et peut-être de s’inventer un futur à partir d’un sujet qui pourtant remonte à la nuit des temps : les violences sexuelles. Ces affaires déferlent sur les scènes contemporaines depuis le mouvement #MeToo et la libération de la parole des victimes, et leur saisie par les artistes semblent reconfigurer la structure des représentations et la nature du lien avec l’assemblée théâtrale.

Rares sont les mois sans qu’une création s’en fasse l’écho. A Paris, en février, le public a découvert coup sur coup deux projets dont il n’est pas sorti indemne : le premier, aux Bouffes du Nord, évoquait le viol de femmes par des centaines d’individus sous couvert de tournages de films pornographiques. Le second, à l’Odéon-Théâtre de l’Europe-Ateliers Berthier, révélait les tenants et les aboutissants d’un inceste infligé par le père de l’auteur et metteur en scène.

Entre Chiens, conçu par Lorraine de Sagazan autour de l’affaire de viols en réunion French Bukkake, et Œdipe roi, écrit par Eddy D’aranjo d’après son drame familial, le viol était le dénominateur commun. Il est aussi ce qui relie ces deux histoires au Procès Pelicot, un oratorio, créé par Milo Rau et Servane Dècle au Festival d’Avignon en juillet 2025, repris pour une date unique, le 5 mars, au Théâtre de la Concorde, et dont le texte vient d’être publié aux éditions Flammarion.

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