lundi, août 17

  • Plusieurs centaines de milliers de données personnelles et professionnelles ont été volées au fisc ces dernières semaines.
  • Un duo de hackers baptisé ZeroBytes assure être derrière ce piratage informatique.
  • Voici ce que l’on sait sur eux.

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En juin dernier, les données fiscales d’au moins 678.000 particuliers et professionnels ont été piratées, a confirmé ces derniers jours la Direction générale des finances publiques. À l’origine du piratage : un duo français baptisé ZeroBytes, déjà connu pour de précédentes cyberattaques. Ce lundi 17 août, ils ont confirmé avoir vendu leur butin à « deux personnes » pour une somme se chiffrant en « milliers d’euros ». Voici ce qu’il faut savoir sur ces deux hackers.

On en sait peu sur eux, même si ces dernières heures ils ont échangé avec plusieurs personnes, dont des journalistes de l’AFP sur Telegram et l’expert en cybersécurité et hackeur éthique Clément Domingo, alias Saxx, invité ce lundi de « Bonjour ! La Matinale TF1 ». Il s’agit « d’une personne sans emploi » qui « a postulé dans une entreprise pour faire de l’informatique », a-t-il précisé à propos du membre du duo avec lequel il a échangé ces derniers jours. « Sa principale motivation reste l’argent », a-t-il ajouté. C’est également ce qu’a dit le duo à l’AFP. Interrogé sur ses objectifs, il a assuré ne pas avoir de « motivations précises », si ce n’est « l’argent, j’imagine »

Des données qui peuvent être vendues plusieurs fois

Un objectif atteignable puisque « s’il parvient à la vendre à plusieurs personnes, à des prix de quelques milliers d’euros, cela peut rapidement monter », estime Clément Domingo. « D’après ses dires datant de dimanche soir, la base de données a déjà été vendue » et « d’autres personnes l’ont contacté pour potentiellement acheter la base de données » volée à l’administration fiscale, a-t-il assuré. « Les données sont toujours en vente », a d’ailleurs confié un membre de ZeroBytes à l’AFP, une même base pouvant être copiée et cédée à plusieurs clients.

Le duo n’en est pas à son coup d’essai. Avant de s’en prendre au fisc, ZeroBytes avait déjà revendiqué sur des forums du dark web des piratages visant les supermarchés Intermarché et la Fédération française de handball. Le groupe a également affirmé pendant l’été avoir volé des données à un grand opérateur téléphonique français et à un groupe hôtelier, des attaques qui n’ont pas été confirmées par les entreprises concernées. Sur les forums de vente de données volées, les organisations françaises figurent régulièrement parmi les cibles car elles seraient « faciles à pirater », affirme ZeroBytes pour expliquer son intérêt pour la France.

Un piratage peu technique

Cette fois-ci, selon Sébastien, du site spécialisé FrenchBreaches, qui a été le premier à documenter l’affaire, l’intrusion témoigne moins d’un exploit technique que d’une possible « faiblesse de la DGFiP », même si cette dernière assure avoir été victime d’une attaque « plus sophistiquée » que les précédentes. 

Pour mener la première attaque, ZeroBytes affirme avoir obtenu un accès à un VPN utilisé par les agents du fisc – un réseau privé virtuel permettant normalement de se connecter à distance et de manière sécurisée aux outils internes de l’administration. Selon le récit du groupe, cet accès lui aurait permis d’aspirer près de 680.000 lignes de données avant que le fisc ne coupe la connexion. Une seconde intrusion, menée fin juillet, a visé le Serveur professionnel de données cadastrales (SPDC), qui donne accès à des informations sur les propriétés immobilières. 

Le parquet de Paris a ouvert une enquête, notamment pour « extraction frauduleuse de données » et « association de malfaiteurs ». Le Premier ministre Sébastien Lecornu a, de son côté, convoqué une réunion de crise interministérielle.

Les pirates risquent dans cette affaire sept ans de prison pour « extraction frauduleuse de données ».

Les 678.000 usagers concernés devaient commencer à être contactés individuellement à partir de lundi afin d’être mis en garde contre de possibles escroqueries ciblées.

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