- Les premières neiges sont déjà apparues du côté de la station de Super Besse (Puy-de-Dôme).
- Sauf que ces flocons ne sont pas tombés du ciel, mais viennent de canons particulièrement novateurs.
- Regardez ce reportage du JT de TF1.
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Initiatives environnementales
Le reportage du JT de 20H de TF1 visible en tête de cet article, réalisé sans trucage, montre une bataille de boules de neige, un mois seulement après la fin de l’été, sous une température de 20°C. « Les enfants vont avoir les mains bien froides, mais je ne pensais pas avoir de la neige à cette période-là de l’année »
, rigole une mère de famille en esquivant les projectiles, issus des dix monticules glacés qui sont apparus depuis mi-octobre sur l’herbe verte de la station de ski de Super Besse (Puy-de-Dôme). « On arrive ici, on se dit :
‘Mais qu’est-ce qu’il se passe ? Qu’est-ce que c’est que ces gros tas blancs ?’ J’en ai pris dans la main, je trouve que ça ressemble un peu au granité qu’on vend l’été »
, réagit une autre riveraine, tout aussi incrédule.
Cette neige artificielle vise à assurer l’ouverture d’au moins quatre pistes de ski pour le début de la saison, dans un peu moins de deux mois. Mais avec cette météo estivale, comment expliquer qu’elle ne fonde pas ? Le secret, c’est une technologie novatrice, unique en son genre en France. Concrètement, l’eau est captée à l’automne dans un lac, puis coule dans un tuyau volontairement glacé. Du givre se forme alors sur les parois, et les copeaux de glace sont projetés à l’extérieur par un ventilateur dédié, pour une production de 28 m³ par jour, préservée en tas jusqu’à l’hiver, grâce au froid de la nuit. « C’est une forme de grésille qui, une fois qu’elle sera mélangée avec de la neige classique et damée par nos engins, sera très solide, très robuste »
, vante Lionel Gay, maire (NFP) de Besse-et-Saint-Anastaise, dans le massif du Sancy.
Si ce dispositif consomme plus d’énergie que les canons classiques, la chaleur ainsi produite sert, en contrepartie, à chauffer les bâtiments techniques. Pour l’édile, c’est tout l’avenir de la station qui dépend de cette neige. « Elle permettra à la clientèle de pouvoir prendre des cours de ski, et à nous de faire entrer des recettes pour qu’on puisse continuer de faire des investissements sur la pleine nature. Si la neige ne la finance pas, ça ne fonctionne pas »
, insiste l’élu local.

Suffisant pour justifier un investissement de trois millions d’euros ? Cet argument, en tout cas, ne convainc pas Valérie Paumier, présidente-fondatrice de l’association environnementale Résilience Montagne, « parce qu’à +3 ou 4°C, on peut pleurer tout ce qu’on veut, le ski, ça va être fini en fait, donc l’argent public et l’argent privé ne doivent plus servir à empirer le modèle »
, assène-t-elle. Aujourd’hui, à Super Besse, les activités hors neige représentent près d’un quart des recettes annuelles, ce qui en fait l’une des stations de ski françaises les plus avancées dans la voie de sa diversification.










