samedi, mars 21

  • Le 7 mars 2026, Ilyas Kherbouch s’est évadé de la prison de Villepinte (Seine-Saint-Denis).
  • Celui qui est surnommé « Ganito » a été interpellé vendredi dans les Pyrénées-Orientales.
  • TF1info fait le point sur ce que l’on sait de ce Franco-Marocain et de son parcours.

Le modus operandi avait surpris tout le monde, à commencer par les agents pénitentiaires et les autorités. Le 7 mars 2026, Ilyas Kherbouch, alias « Ganito », s’est évadé en plein jour de la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis) avec l’aide de trois faux policiers, prétextant, faux documents judiciaires à l’appui, une extraction pour une prétendue garde à vue. Il n’en est jamais revenu…

C’est après deux semaines de cavale, vendredi 20 mars, jour de son anniversaire, que le Franco-Marocain âgé de 21 ans a été arrêté à plus de 800 km de la prison où il était détenu, à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales). La rédaction de TF1info revient sur le profil de ce jeune homme et sur son parcours.

En prison depuis l’âge de ses 14 ans

Il vient de souffler ses 21 bougies et pourtant, malgré son jeune âge, Ilyas Kherbouch est déjà bien connu des forces de l’ordre et de la justice. De très nombreuses mentions figurent en effet sur son casier judiciaire, avec des peines prononcées par le tribunal pour enfants puis par le tribunal correctionnel. 

Dès l’adolescence, le jeune homme a en effet sombré dans la délinquance, engendrant une pluie de condamnations. « Vols avec violence » à répétition, « violences en réunion ayant entraîné la mort », « vols aggravés », « association de malfaiteurs », les faits qui lui sont reprochés au fil des ans sont multiples. Depuis ses 14 ans, il n’a cessé les passages par la case prison.

Il devait sortir de prison en août 2035

Depuis le 13 juillet 2022, Ilyas Kherbouch était écroué sans interruption. Au moment de son évasion, le 7 mars dernier, il était en prison dans le cadre de deux dossiers et en exécution de quatre peines. 

Il avait été mis en examen et placé en détention provisoire le 27 novembre 2025 pour des faits de « vol en bande organisée », « enlèvement et séquestration », et « association de malfaiteurs » au préjudice du footballeur Gianluigi Donnarumma, dans un dossier suivi par le parquet de Paris.  

Il avait été condamné à la peine de 6 ans d’emprisonnement avec maintien en détention, le 28 novembre 2025, par le tribunal correctionnel de Paris, pour « complicité de vols aggravés » par trois circonstances pour un home-jacking le 7 février 2024 à Paris. Il avait fait appel de cette décision et a été condamné en son absence le 12 mars 2026 à 6 ans de prison ferme, comme en première instance.  « Il a un casier épouvantable et pourtant, on avait pris du temps avec lui, car je considérais que c’était important, mais malgré cela, il a décidé de s’évader », avait alors regretté la présidente de la cour d’appel de Paris, qui avait délivré un mandat d’arrêt à son encontre. « Ganito » avait aussi été condamné à payer, en réparation du préjudice matériel, 529 euros aux parties civiles, ainsi que 6.000 euros et de 4.000 euros en réparation du préjudice moral de deux parties civiles, des sommes à régler solidairement avec quatre autres mis en cause.

 

Au moment de son évasion, il était également en train d’exécuter quatre peines prononcées à son encontre, à savoir : 

  • 15 mois d’emprisonnement, peine prononcée le 29 septembre 2023 par le tribunal correctionnel de Nanterre pour « complicité de vol aggravé et rébellion en récidive ».
  • 12 mois d’emprisonnement, peine prononcée le 11 janvier 2024 par le tribunal correctionnel de Paris pour « recel de vol aggravé en récidive ».
  • 7 ans de réclusion criminelle, peine prononcée le 3 décembre 2024 par la cour d’assises des mineurs des Yvelines pour « vol à main armée en bande organisée », « enlèvement et séquestration », « association de malfaiteurs », et « destruction par moyen dangereux en récidive ».
  • 4 ans et 6 mois d’emprisonnement, peine prononcée le 9 janvier 2026 par le tribunal correctionnel de Nanterre, pour association de malfaiteurs en récidive.

 

Il avait été par ailleurs condamné le 6 mars 2026 à la peine de 42 mois d’emprisonnement par le tribunal correctionnel de Pontoise, dans un dossier pour des faits de vols avec violence en bande organisée en récidive. Cette peine n’avait pas encore été portée à l’écrou. Sa sortie de détention, avant toute nouvelle décision, était prévue en août 2035.

Comment s’est passée son évasion ?

Selon nos informations, le 7 mars 2026, en pleine journée, trois faux policiers en civil porteurs de brassards police et de fausses cartes tricolores se présentent à la maison d’arrêt de Villepinte. Pour sortir Ilyas Kherbouch, ils dégainent un faux mandat d’amener au nom d’un juge imaginaire. Le document était une copie parfaite d’un document authentique, à s’y méprendre. Aucun indice (hormis le nom du juge) ne pouvait laisser penser aux surveillants qu’il s’agissait d’un faux, selon nos sources. 

C’est l’interpellation totalement fortuite le dimanche 8 mars au soir dans le 13ᵉ arrondissement de Paris de deux hommes soupçonnés d’être les complices d’Ilyas Kherbouch qui a permis de découvrir l’évasion. Outre le gyrophare, les brassards police, les fausses cartes et le faux mandat découverts dans la voiture des suspects, les enquêteurs ont compris au fil des interrogatoires et de l’exploitation du téléphone d’un des suspects qu’ils étaient impliqués dans l’évasion d’un détenu de Villepinte. 

C’est à partir de là que des vérifications ont été menées dans la journée du 9 mars. À la maison d’arrêt de Villepinte, personne ne s’est   inquiété car les surveillants pensaient de bonne foi que le prisonnier était en garde à vue pour 48 heures, soit jusqu’au lundi 9 mars au soir.

Interpellé dans un village vacances du sud de la France

Ilyas Kherbouch a été interpellé par des policiers de la BRI de Perpignan et de Montpellier vendredi 20 mars vers 21 heures à Canet-en-Roussillon. Il se trouvait alors dans le village vacances Malibu, situé sur la commune de Canet-en-Roussillon. 

L’évasion « la plus non violente »

« Il s’agit d’un tout jeune homme qui n’a pour ainsi dire jamais connu la liberté en tant qu’homme adulte. L’envie de la découvrir a visiblement été la plus forte. Je relève néanmoins que son évasion, si c’est bien de cela dont il s’agit, est la plus non violente qu’il nous ait été donné de voir ces dernières années. Cela tranche radicalement avec l’image qu’on a pu parfois vouloir lui donner d’homme dangereux », a réagi auprès de TF1-LCI l’avocate d’Ilyas Kherbouch, Me May Sarah Vogelhut. 

La JIRS (Juridiction interrégionale spécialisée) de Paris a ouvert une enquête pour « évasion en bande organisée » et « association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes et délits » (délits faisant encourir jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 150.000 euros d’amende). Les investigations ont été confiées à l’OCLCO (Office central de lutte contre le crime organisé) et à la DPJ-PP (direction de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris). 

Bientôt entendu à Paris

Ce samedi matin, Ilyas Kherbouch était encore en retenue judiciaire à la police judiciaire de Perpignan, où devait lui être notifié un mandat d’arrêt. Un juge des libertés et de la détention devait lui notifier son placement en détention dans une maison d’arrêt du département le temps qu’il soit transféré à Paris. « Ils ont jusqu’à quatre jours pour le présenter au procureur à Paris qui va à nouveau lui notifier son mandat d’arrêt et son placement en détention, possiblement à l’isolement cette fois », précise à notre rédaction une source proche du dossier. 

Une fois à Paris, il sera entendu par le juge d’instruction sur l’information judiciaire ouverte pour évasion en bande organisée.

Marie BELOT

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