mercredi, mars 25

  • Les principales mesures du pacte ont été dévoilées ce mercredi.
  • Elles prévoient notamment un soutien de l’État de deux milliards d’euros pour cinq ans.
  • Une réponse aux violences de 2024 qui ont profondément fragilisé la Nouvelle-Calédonie.

Permettre à la Nouvelle-Calédonie de retrouver « stabilité et confiance ». Le haut-commissaire Jacques Billant et Claire Durrieu, à la tête de la mission interministérielle sur le sujet, ont détaillé, mercredi 25 mars, les principales mesures du « pacte de refondation économique et sociale » pour l’archipel. 

« Il ne s’agit pas d’un plan de plus. Il s’agit de créer les conditions d’un redressement réel, tangible dans la vie quotidienne », affirme dans un communiqué la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou. Le pacte contient six piliers stratégiques, qui doivent permettre à la Nouvelle-Calédonie de tourner la page des violences de 2024, qui l’avaient profondément fragilisée. Pour ce faire, l’État prévoit un soutien de deux milliards d’euros sur cinq ans.

Emploi et services essentiels

Parmi les mesures les plus attendues, 200 millions d’euros sont dévolus à des « investissements structurants » subventionnés à 100% par l’État, dans des domaines tels que le désenclavement, l’amélioration de l’accès aux services essentiels, la protection face aux effets du changement climatique et la diversification économique. Afin de favoriser l’attractivité du territoire, le pacte prévoit de financer la baisse de l’impôt sur les sociétés et la création de zones franches.

Dans le secteur de la jeunesse, 1.000 parcours d’insertion seront financés chaque année pendant cinq ans, de même que 100 postes d’éducateurs. « La situation de la Nouvelle-Calédonie est très dégradée, il faut absolument que les premiers coups de pioche soient donnés en 2026 », a assuré à l’AFP Claire Durrieu. Selon Naïma Moutchou, « la priorité, maintenant, est de déployer (le pacte, ndlr) sans attendre afin de remettre la Nouvelle-Calédonie sur une trajectoire de croissance ».

À ce jour, 64 projets, pour un total de 75 millions d’euros, sont prêts à démarrer et une nouvelle vague d’investissements « sera lancée dans les prochaines semaines », selon Jacques Billant, qui s’exprimait en conférence de presse. En outre, la Nouvelle-Calédonie, qui a contracté plusieurs prêts garantis par l’État – d’abord pour faire face à la crise du Covid-19 puis à la crise économique engendrée par les violences et destructions de 2024 -, va bénéficier d’un plan de désendettement. 

« Cela va nous permettre à notre tour de financer la relance de l’économie », s’est félicité Christopher Gygès, membre du gouvernement local en charge du budget, interrogé par l’AFP. Le secteur nickel, ressource majeure pour l’archipel mais en grande difficulté depuis de nombreuses années, doit également bénéficier d’un soutien dans le cadre du pacte de refondation, dont les contours sont encore flous. 

Des discussions sont en cours avec les acteurs locaux, entreprises et institutions, mais la question des exportations de minerai brut, jugée nécessaire par une partie du secteur, fait débat. Elle rencontre notamment l’opposition d’une partie des indépendantistes au nom de la « doctrine nickel », qui prône la transformation de l’ensemble du minerai sur le sol calédonien.

A.B. avec AFP

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