- Les oursins sont particulièrement appréciés à cette période de l’année.
- Mais ils se font rares, victimes d’une pêche abusive.
- Alors quelles sont les règles en la matière ?
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Le 20H
L’oursin ou le caviar de la mer est peut-être le produit qui brille le plus sur les étals des poissonniers en ce moment. Le problème, c’est que chaque année, les caisses d’oursins arrivent moins garnies en magasin. « On en a de moins en moins et les gens en veulent toujours autant »
, souligne Charlotte Mius, gérante de la poissonnerie de l’Estaque à Marseille, dans le reportage ci-dessus. En conséquence, son prix est de plus en plus élevé. Alors nombreux sont les particuliers à les pêcher eux-mêmes. Quitte à parfois faire abstraction des règles.
Dans les Bouches-du-Rhône, une brigade est donc chargée de contrôler les filets des particuliers. Ils sont autorisés à pêcher les oursins depuis 15 jours jusqu’à fin février. Les particuliers doivent aussi respecter un quota d’oursins : deux douzaines maximum par personne. Leur taille est par ailleurs minutieusement vérifiée. Elle ne doit pas être inférieure à cinq centimètres sans les piquants. Le jour du reportage de TF1, un pêcheur n’a pas respecté ce critère. Résultat, la majorité des oursins récoltés sont relâchés. Le contrevenant encourt, lui, jusqu’à 22.500 euros d’amende. « Ce qu’on va faire, c’est surtout le convoquer et l’entendre. Il ne sera peut-être pas verbalisé sur le quota, mais par contre sur les tailles d’oursins qu’il a prélevées, il sera verbalisé »,
indique Eric, gardien de la paix.
La chasse aux oursins blancs interdite en Martinique
Si les contrôles sont aussi stricts, c’est pour éviter la disparition de l’espèce. Un phénomène déjà en cours à 8.000 kilomètres, en Martinique. Lorsque les oursins blancs peuplaient les fonds marins et que leur pêche était encore autorisée, leur prix oscillait entre 80 et 100 euros le kilo. Et leurs œufs étaient un plat typique de la cuisine martiniquaise. Mais cette période semble déjà loin pour Jean-Paul Anacharsis et son père. Comme tous les pêcheurs en Martinique, il leur est interdit depuis trois ans de chasser les oursins blancs. Terminés donc les revenus issus du caviar des mers. « Sur une semaine, vous pouviez faire 5.000 euros, ce qui permettait de combler des trous, payer des charges, voire le moteur »,
explique-t-il.
Mais où sont donc passés les oursins blancs ? Pour certains professionnels, ils auraient été victimes de surpêche, puis de braconnage. Alors en Martinique aussi, des brigades spéciales ont été créées pour contrôler les prises des pêcheurs. Toutefois l’espèce est devenue introuvable, à tel point que les saisies sont rarissimes. En plus de la surpêche, les scientifiques étudient une autre piste, celle des algues Sargasses qui étouffent les végétaux marins et pourraient jouer un rôle dans la disparition des oursins. « C’est des algues naturelles qui sont d’origine de la mer des Sargasses. On sait que ça dégrade les herbiers qui sont l’habitat principal des oursins blancs. C’est là qu’ils vont s’alimenter, c’est leur lieu de vie principal »,
explique Héloïse Mathieu, chargée de mission au Parc naturel marin.
Le réchauffement des eaux pourrait aussi être à l’origine de la disparition de l’oursin blanc, dont la réintroduction en Martinique n’est pas envisagée pour l’instant.




