Avoir l’un des siens au gouvernement ne suffit manifestement pas à échapper à des coupes budgétaires. L’addition du budget 2026 est « extrêmement douloureuse » et porteuse de « lourdes conséquences dans les territoires », tonne Sébastien Miossec, le président délégué d’Intercommunalités de France, l’association que présidait Sébastien Martin avant sa nomination comme ministre délégué chargé de l’industrie en octobre 2025. Réunis mardi 27 janvier à Paris pour une « matinée finances locales » et les vœux de leur association, les élus intercommunaux ont critiqué de concert les économies arbitrées par l’exécutif dans le projet de loi de finances sur lequel il a engagé sa responsabilité. « Chacun doit participer à l’effort de redressement des comptes, mais j’ai l’impression d’une mauvaise pièce de théâtre dont le titre serait “Le dindon de la farce sera toujours l’intercommunalité”, a abondé la première vice-présidente de l’association, Virginie Lutrot. Qu’a-t-on fait de mal pour être aussi détestés et mal-aimés ? »
Les intercommunalités « représentent 20 % de la dépense publique locale, mais vont pourtant contribuer à plus de la moitié de l’effort d’économies demandé aux collectivités », a regretté Gilles Carrez, le président de l’établissement public territorial Paris Est Marne & Bois et président de la commission des finances d’Intercommunalités de France. Si les communes, les régions et les départements n’auront finalement que peu d’économies à prévoir, les « interco », elles, vont devoir se serrer la ceinture à hauteur de 1,7 milliard d’euros, selon les calculs de l’association. Dans son viseur notamment : la baisse de la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle, mais aussi la réduction de la compensation de l’allégement de fiscalité locale instauré au profit des locaux industriels.
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