vendredi, juillet 10

  • Les attaques de vautours sur des animaux vivants se multiplient.
  • Dans les Pyrénées-Atlantiques, les éleveurs demandent la révision du statut protégé de l’oiseau.
  • Regardez ce reportage sur place du JT de TF1.

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On les surnomme les charognards, parce qu’ils s’en prennent habituellement aux animaux à l’agonie ou malades. Mais depuis quelques années, les vautours s’attaquent aussi aux animaux en pleine santé, notamment aux animaux d’élevage. Le reportage du JT de 13H de TF1 visible en tête de cet article nous conduit dans les Pyrénées-Orientales, département particulièrement touché. En commençant par la petite commune de Domezain-Berraute (Pyrénées-Atlantiques), où Annick Veschembes, éleveuse de vaches blondes d’Aquitaine, n’en peut plus : « Ça s’est passé ici, vous pouvez encore voir la trace parce que les vautours piétinent le sol », montre-t-elle à notre caméra. Alors qu’elle était chez elle, des dizaines de vautours s’en sont pris à l’un de ses veaux, qui venait à peine de naître. « C’est une scène très choquante, reprend-elle. C’est vraiment, d’une violence et puis d’une rapidité… Il y a un sentiment de colère, de culpabilité, parce que j’étais là. »

Ces vautours fauves jouent un rôle d’équarrisseurs naturels des montagnes. « Un veau, c’est dans les alentours de 2.000 euros, pour nous c’est une grosse perte », souligne l’éleveuse. Dans les Pyrénées, la population de cette espèce protégée est passée de 1.200 à 1.500 couples en deux ans. Mais cela suffit-il à expliquer la multiplication de ces attaques ? « C’est connu qu’ils puissent s’attaquer à du bétail encore vivant, mais dans des situations vulnérables. Avant c’était plutôt cantonné à la montagne, maintenant c’est vers la plaine. Il faut savoir que la population de vautours augmente, donc le vautour reprend le territoire qu’il a occupé dans les années 1850, où il allait dans tout le sud-ouest », éclaire Ludovic Lube, de l’Office français de la biodiversité.

À Hélette, un autre éleveur, Ugo Arbelbide, a pris ses précautions : ses veaux ne naissent plus dehors, « à cause de la pression quotidienne des vautours ». Au-dessus de son troupeau, il ne faut pas attendre bien longtemps pour les apercevoir. « Dès qu’il y a un veau ou une vache vulnérable, ils peuvent passer à l’attaque », s’inquiète ce syndicaliste, qui en appelle à l’État pour trouver des solutions. « En cas d’attaque, on souhaite que les paysans aient la possibilité d’effectuer des tirs d’effarouchement, pour leur faire peur. Ensuite, on demande à l’État qu’il revoie le statut de protection du vautour », détaille-t-il. De son côté, l’Office français de la biodiversité recense 40 signalements par an, une moyenne que l’établissement public dit stable depuis dix ans.

Hamza HIZZIR | Reportage TF1 : Alice BROUSSE, Eve CASTAING, Jean-Vincent MOLINIER

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