- Elon Musk s’en est pris avec virulence au secrétaire américain aux Transports.
- En cause, son choix de relancer la concurrence pour la mission lunaire de la Nasa.
- Une course à la Lune que les difficultés de la mégafusée de SpaceX pourraient retarder.
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« Game over » entre Donald Trump et Elon Musk
Le patron de SpaceX s’en est pris frontalement ce mardi à l’administrateur par intérim de la Nasa après que ce dernier a évoqué la veille la possibilité de se passer de son entreprise pour retourner sur la Lune. « Sean le Crétin est en train d’essayer de tuer la Nasa ! »
, a lancé Elon Musk sur son réseau social X, à propos de Sean Duffy, secrétaire aux Transports américain, chargé de la gestion par intérim de l’agence spatiale.
Le problème, c’est qu’ils sont en retard.
Le problème, c’est qu’ils sont en retard.
Sean Duffy, ministre des Transports américain
Lundi, ce dernier avait annoncé sur la chaîne Fox News
qu’il allait relancer les appels d’offres pour la mission lunaire Artémis 3 qui prévoit le retour des Américains sur la Lune, citant les retards pris par SpaceX dans le développement de sa mégafusée Starship. « J’adore SpaceX. C’est une entreprise incroyable. Le problème, c’est qu’ils sont en retard. Ils ont repoussé leurs délais et nous sommes en compétition avec la Chine »
, avait-il justifié.
Cette décision faisait suite aux critiques croissantes d’experts avertissant que Starship, dont une version modifiée doit servir d’alunisseur, ne serait pas prête à temps. Des accusations balayées par Elon Musk sur X, qui a assuré que sa fusée « finira par réaliser toute la mission lunaire »
, son entreprise avançant « à la vitesse de l’éclair par rapport au reste de l’industrie spatiale »
.
Compétition avec Pékin
Après plusieurs reports, la mission Artémis 3 est à présent prévue par la Nasa pour la mi-2027, une date qui selon des experts est intenable, SpaceX devant encore braver d’immenses défis techniques avant que sa fusée ne soit prête à une telle mission. Or, le temps presse, les États-Unis s’étant engagés dans une compétition spatiale avec la Chine, Pékin ambitionnant également d’envoyer des hommes sur la surface lunaire… d’ici à 2030.
La Nasa pourrait donc recourir à un autre alunisseur – développé par l’entreprise concurrente Blue Origin de Jeff Bezos ou d’autres – pour aller plus vite. Ces tensions entre le patron de SpaceX et Sean Duffy surviennent par ailleurs sur fond de tractations quant au futur administrateur permanent de la Nasa. L’homme d’affaires Jared Isaacman, un proche d’Elon Musk, qui avait été choisi en premier lieu par Donald Trump, a été écarté fin mai, peu avant que n’éclate au grand jour la brouille entre le président et le patron de SpaceX. Mais selon des informations de presse, le président envisagerait de le nommer à nouveau, ce à quoi s’opposerait Sean Duffy, qui souhaiterait garder la gestion de la Nasa.










