
Fernand Le Rachinel est le premier des 12 prévenus à essuyer les questions de la cour, au troisième jour du procès en appel des assistants parlementaires européens du Front national (FN). L’ancien eurodéputé est fort aimable, toujours tiré à quatre épingles, mais n’a pas su, jeudi 15 janvier, tirer la sienne du jeu. « Vous allez voir, monsieur Le Rachinel est bavard », avait prévenu son avocat. En fait, non. Le vieux monsieur de 83 ans est plus qu’un peu sourd, répond du bout des lèvres, et n’a pas vu passer les perches que lui tendait son avocat, qui a charitablement conclu que son client « n’était pas dans une grande forme intellectuelle ».
Fernand Le Rachinel est l’imprimeur historique du parti et jusqu’à 2008, membre du bureau politique ; c’est un bon ami de Jean-Marie Le Pen, qui l’a fait élire à deux reprises au Parlement européen, de 1994 à 1999, puis surtout de 2004 à 2009, période qui lui a valu devant le tribunal une condamnation en 2025 à deux ans de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité.
Il arrive à Strasbourg en novembre 1994, et prend la place de Chantal Simonot, qui n’avait été présentée aux élections que pour respecter la parité. Le nouveau député signe aussitôt, le 1er novembre, un contrat d’assistance parlementaire fictif avec Micheline Bruna, la secrétaire particulière du patron dans son fief des Hauts-de-Seine, à Montretout, et un second aussi fumeux en janvier 2005 avec Thierry Légier, le garde du corps du président. « Ils ne travaillaient pas pour moi, c’était Jean-Marie Le Pen qui décidait, convient l’ancien député. Je n’intervenais pas pour les recrutements. »
Il vous reste 70.85% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




