mardi, janvier 13
Marine Le Pen à sa sortie du tribunal de Paris, le 13 janvier 2026.

Marine Le Pen a assuré mardi 13  janvier qu’elle n’avait pas « le sentiment d’avoir commis le moindre délit », lors de sa première prise de parole à son procès d’appel à Paris, insistant sur son absence d’intentionnalité « si tant est qu’une faute ait été commise ».

« [Je n’ai] aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit lorsqu’en 2004, 2009, 2014 nous avons embauché nos assistants », a déclaré la cheffe de file de l’extrême droite française, peu avant 17 h 30, à l’occasion d’une première prise de parole après une lecture de plus de trois heures du dossier par la présidente de la cour d’appel.

Avec une formule inédite, « si tant est qu’une faute ait été commise », à laquelle elle s’était jusqu’alors refusée, Marine Le Pen a immédiatement mis en cause le Parlement européen, qui, selon elle, « n’a pas joué ce rôle d’alerte tel qu’il aurait dû » le faire.

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Selon elle, l’institution européenne « avait connaissance des éléments d’ensemble constitutifs de ces contrats » litigieux d’assistants parlementaires, payés par des enveloppes versées par le Parlement de Strasbourg, mais soupçonnés de n’avoir travaillé qu’au seul bénéfice du Front national, devenu Rassemblement national.

« Nous n’avons rien dissimulé », a encore insisté celle qui joue son avenir politique : en première instance, elle avait été condamnée à cinq ans d’inéligibilité immédiate, l’empêchant à date d’être candidate à la présidentielle de 2027. « J’espère pouvoir être entendue par la cour d’appel », avait-elle déclaré dans la matinée, avant une réunion de son groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, se disant « dans un état d’esprit d’espérance, en quelque sorte… ».

Un mois de procès

Pour cette audience à hauts enjeux politiques, les onze prévenus, ainsi que le parti en tant que personne morale, seront jugés jusqu’au 11 février par une formation de trois juges.

Les juges de première instance ont reconnue Mme Le Pen et le parti coupable d’avoir mis en place entre 2004 et 2016 un « système » de captation des enveloppes versées par le Parlement européen aux eurodéputés et destinées à rémunérer leurs assistants dans le cadre de leurs fonctions à Bruxelles et à Strasbourg.

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La triple candidate malheureuse à l’Elysée – qui pourrait être remplacée par Jordan Bardella comme candidat du RN si son inégilibilité venait à être confirmée en appel – avait été condamnée pour détournement de fonds publics le 31 mars 2025 par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme sous bracelet électronique, 100 000 euros d’amende et, donc, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

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Le Monde avec AFP

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