mercredi, janvier 21
Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national quitte le palais de justice de Paris, le 21 janvier 2026.

Au deuxième jour de son interrogatoire, Marine Le Pen a plaidé, mercredi 21 janvier, la « bonne foi » du Front national (FN), lors du procès en appel à Paris des assistants parlementaires d’eurodéputés. « Pourquoi est-ce que nous, qui sommes des gens rigoureux, semblons avoir fait preuve, dans la façon dont ce dossier est présenté, d’une absence totale de rigueur ? Car nous étions totalement de bonne foi », a fait valoir mercredi matin la cheffe de file de l’extrême droite.

La justice lui reproche, ainsi qu’au Rassemblement national (RN) – anciennement FN – et à dix autres cadres, le paiement entre 2004 et 2016 de salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.

Devant la cour d’appel, la présidente des députés RN, actuellement inéligible et qui joue lors du procès sa candidature à la présidentielle de 2027, soutient que si le parti à la flamme a commis un délit, ce n’était en rien intentionnel, blâmant l’administration du Parlement européen.

Certes, concède-t-elle, « des reproches incontestablement peuvent nous être faits ». Mais les problèmes liés à l’emploi d’assistants parlementaires découlent, selon elle, d’un défaut d’information et de contrôle de l’institution communautaire, car « l’administration du Parlement européen était beaucoup plus coulante que ce qu’elle est aujourd’hui ».

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« On nous avait condamnés à une fonction tribunitienne »

Pour Marine Le Pen, l’activité politique des assistants parlementaires résultait du « cordon sanitaire » mis en place contre la formation d’extrême droite dans l’hémicycle européen. « L’objectif était d’interdire à un député du FN d’avoir la moindre mission au sein d’une commission. (…) On nous avait un petit peu condamnés à une fonction tribunitienne », dit-elle, vêtue d’un tailleur bleu marine.

Pour la députée du Pas-de-Calais, le temps écoulé depuis les faits rend « extrêmement difficile de faire peser la preuve de son innocence », tandis que la cour d’appel décortique un par un les différents contrats d’assistants parlementaires liés à son mandat d’eurodéputée. « Je ne sais pas comment faire pour vous prouver ce que je ne peux pas vous prouver, que je dois vous prouver », finit-elle par s’agacer.

Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’a déclarée coupable et l’a notamment condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, l’empêchant en l’état de se présenter à la prochaine présidentielle. Un coup de tonnerre au moment où la candidate potentielle était en tête des intentions de vote pour le premier tour. Son interrogatoire doit se poursuivre mercredi après-midi.

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Le Monde avec AFP

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