- Une peine de 18 ans de réclusion criminelle a été requise mardi au procès pour viols de Tariq Ramadan, a indiqué une source judiciaire.
- L’avocat général a aussi demandé un mandat d’arrêt à l’encontre de l’islamologue suisse ainsi qu’une interdiction définitive du territoire français une fois sa peine purgée.
Une peine de 18 ans de réclusion criminelle a été requise mardi au procès pour viols de l’islamologue suisse Tariq Ramadan, jugé par défaut et à huis clos par la cour criminelle départementale de Paris pour des viols sur trois femmes, a indiqué une source judiciaire.
L’avocat général a aussi demandé un mandat d’arrêt à l’encontre de l’accusé qui ne s’est pas présenté à la justice française depuis l’ouverture de son procès, ainsi qu’une interdiction définitive du territoire français une fois sa peine purgée.
Pas présent à l’audience
Le procès de M. Ramadan a débuté le 2 mars, mais il ne s’est pas présenté à l’audience. Ses avocats ont alors expliqué qu’il avait été hospitalisé deux jours auparavant à Genève, en Suisse, en raison selon eux d’une « poussée »
de sclérose en plaques.
La présidente de la cour criminelle, Corinne Goetzmann, a dès lors ordonné une expertise médicale sur pièces à deux neurologues désignés pour évaluer son état de santé, afin de décider d’un renvoi ou non du procès à une date ultérieure. Dans ce rapport, lu à l’audience par la magistrate le 6 mars, les experts ont conclu à la « stabilité de la sclérose en plaques »
dont souffre l’islamologue depuis plusieurs années, « sans signe de poussée récente »,
et ont estimé qu’il pouvait donc comparaître devant la cour criminelle. La présidente a alors rejeté la demande de renvoi du procès et décidé que l’accusé de 63 ans serait jugé par défaut, et à huis clos comme le demandait une partie civile. Elle a, par ailleurs, indiqué qu’un mandat d’arrêt, « à exécution et diffusion immédiate »
, était délivré à son encontre. Ses quatre avocats ont quitté la salle d’audience, estimant qu’ils ne pouvaient défendre leur client dans cette « parodie de justice ».
L’islamologue, déjà condamné par la justice helvète pour un viol sur une femme, est jugé à Paris pour des viols qui auraient été commis sur trois autres femmes entre 2009 et 2016, ce qu’il conteste: un viol aggravé, avec violences et sur personne vulnérable, commis sur « Christelle » (prénom d’emprunt) à Lyon en octobre 2009; un viol qui aurait eu lieu en 2012 à Paris sur Henda Ayari, une ex-salafiste devenue militante laïque qui avait déclenché l’affaire en portant plainte en octobre 2017; et un autre sur une troisième femme, remontant à 2016.




