- Le chercheur français Laurent Vinatier est en prison depuis 17 mois en Russie.
- Il a été arrêté à Moscou en juin 2024, et risque 20 ans de prison pour « espionnage ».
- Ses parents ont accepté de témoigner en exclusivité pour TF1.
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Un chercheur français soupçonné d’espionnage arrêté en Russie
Un moment en famille, des souvenirs de vacances. Ils se passent l’un à l’autre quelques photographies d’un fils qu’ils n’ont plus revu depuis un an et demi. Laurent Vinatier, 49 ans, chercheur spécialiste de l’ancien bloc soviétique, est emprisonné en Russie depuis juin 2024. « Je m’imagine mon fils entre quatre murs, privé de liberté, c’est déjà quelque chose de très difficilement imaginable »
, témoigne sa mère dans l’interview sur TF1 que l’on peut retrouver ci-dessus. « Personnellement, ce qui me fait peur, c’est qu’il soit oublié dans sa cellule. C’est qu’il soit un prisonnier qu’on oublie totalement »
, explique Brigitte Ehrmann Vinatier.
S’il y a un procès, il sera peut-être expédié dans une colonie pénitentiaire.
S’il y a un procès, il sera peut-être expédié dans une colonie pénitentiaire.
Alain Vinatier
Laurent Vinatier travaillait pour une ONG suisse. En 2024, il est arrêté devant les caméras par les autorités russes, qui lui reprochent de ne pas s’être enregistré en tant qu' »agent de l’étranger ». Jugé pour cette négligence administrative, il est condamné à trois ans de prison. Et en août dernier, le tribunal de Moscou ouvre une nouvelle procédure, cette fois pour espionnage. Un chef d’accusation puni de 20 ans de prison. Son procès devrait commencer cette semaine.
Mais depuis la Russie, les informations filtrent au compte-gouttes et ses parents ne peuvent pas lui rendre visite. « S’il y a un procès, il sera peut-être expédié dans une colonie pénitentiaire »
, redoute son père, Alain Vinatier, « c’est ça qui, aujourd’hui, nous angoisse d’autant »
. « Nous nous inquiétons de savoir si on ne va pas effectivement le convaincre d’espionnage, trouver des charges »
, reprend son épouse au micro de TF1, « et à ce moment-là, s’il y a un procès, il est passible de 20 ans de prison, ce qui est inimaginable pour nous. (…) Vraiment, en faisant un véritable effort intellectuel, je ne peux pas l’imaginer. À mon âge, non, je ne peux pas »
.
Communications en russe
« On est complètement dans l’opacité la plus totale, c’est angoissant de ne pas savoir »
, abonde le père de Laurent Vinatier. Pour communiquer avec lui, « nous avons essentiellement des correspondances. Tout le courrier doit être en russe »
, explique-t-il. « Et lu par la censure »
, complète Brigitte Ehrmann Vinatier. Laurent a l’interdiction de téléphoner, et ne peut pas parler directement à sa femme ou à ses parents, précisent-ils.
Longtemps, ses parents sont restés discrets. Ils souhaitent aujourd’hui mobiliser l’opinion, espèrent l’ouverture d’un canal diplomatique et un échange de prisonniers. « Les autorités françaises le connaissent, mais il faut faire plus, sans doute, qu’ils interagissent davantage avec les autorités russes, parce que nous ne pouvons qu’espérer un échange
« , analyse la mère de Laurent. Son fils se considère aujourd’hui comme un otage, comme il l’a répondu à un journaliste. Prisonnier des tensions entre Moscou et Paris. À plusieurs reprises depuis l’an dernier, le Quai d’Orsay a réclamé la libération du chercheur français, sans être entendu par la Russie.




