Le Parti socialiste fait un premier pas vers l’élection présidentielle: ses militants ont choisi jeudi soir le mode de désignation de leur candidat, en infligeant une défaite à Olivier Faure, dont l’option d’une primaire ouverte n’a pas été retenue. Et en enterrant un peu plus l’option de la primaire unitaire de la gauche.
Les militants étaient appelés jeudi à voter sur le périmètre de la primaire de l’espace socialiste, question sur laquelle Olivier Faure et ses opposants se déchirent.
Deux propositions étaient soumises au vote. Toutes deux actaient bien qu’il y aura une primaire de l’arc social-démocrate (principalement le PS et Place publique), qui se tiendra en octobre, mais différaient sur le corps électoral.
Le premier secrétaire proposait que le vote soit ouvert aux « sympathisants » socialistes (moyennant une participation de deux euros), pour que le corps électoral soit le plus large possible.
Le député de Seine-et-Marne souhaite que le vainqueur participe ensuite à une primaire unitaire de la gauche hors-LFI avec les Ecologistes et les anciens Insoumis Clémentine Autain et François Ruffin.
Ses opposants, dont le premier d’entre eux est le chef des députés Boris Vallaud, longtemps son allié, sont opposés à cette primaire unitaire. Ils proposaient la désignation d’un candidat simplement par les « militants » du PS et des « organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste », comme Place publique de Raphaël Glucksmann.
Et c’est cette option plus fermée qui l’a emportée, à 55,5% des voix, a indiqué le PS dans la nuit de jeudi à vendredi.
Un résultat logique, compte-tenu des rapports de force du dernier congrès, les opposants à Olivier Faure étant majoritaires dans le parti à la rose depuis que Boris Vallaud et son courant les ont rejoints.
« Le candidat désigné proposera le rassemblement à tous les partis de la gauche démocratique, écologique et républicaine afin de construire ensemble un programme commun, un accord législatif et un contrat de gouvernement », indique le PS dans un communiqué, ajoutant qu' »un comité inter-partis règlera les modalités de vote et de candidature ».
Dans une déclaration transmise à l’AFP, Boris Vallaud a salué « un choix très net ».
« Le premier secrétaire doit l’entendre et changer de méthode. Il faut maintenant mettre le cap vers la présidentielle », a-t-il appuyé.
« Nous proposons de rencontrer dès les prochains jours l’ensemble des organisations du pôle socialiste », ont indiqué les opposants à Olivier Faure dans un communiqué.
– Combien de candidats ? –
Ce résultat peut-il remettre remettre en cause le mandat d’Olivier Faure, déjà mis en minorité dans le groupe socialiste à l’Assemblée sur la question de la censure cette semaine?
« Ce n’est pas un référendum pour ou contre moi, c’est ce soir un choix stratégique entre s’élargir, ouvrir les fenêtres (…) ou rester dans le huis-clos entre militants », a assuré jeudi avant le vote l’intéressé, qui exclut de démissionner.
Si ce « huis clos » était confirmé, « on prend le même risque qu’en 2022 », quand Anne Hidalgo a fini avec 1,75% des suffrages, s’alarmait en amont un fauriste.
Pour l’instant, le seul candidat déclaré à cette primaire des socialistes et apparentés est le député de l’Eure Philippe Brun, puisque le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane a annoncé une candidature hors primaire.
Le député de l’Essonne Jérôme Guedj, autre candidat socialiste annoncé à la présidentielle, pourrait éventuellement y participer.
Mais ce sont les candidatures des poids lourds qui seront guettées. Raphaël Glucksmann, fondateur de Place publique, est le favori des sondages dans l’espace social-démocrate et le champion d’une partie des opposants à Olivier Faure.
En précampagne, l’eurodéputé pourrait difficilement se mêler à la course pour l’Elysée sans le soutien de l’appareil socialiste, ses militants et ses élus. Mais il n’a pas encore dit s’il acceptait une primaire, même réservée aux seuls militants.
Olivier Faure n’a pas encore communiqué sur sa décision d’être candidat. Mais « il ne serait pas illégitime que je le sois », a-t-il dit.
Boris Vallaud « a envie d’aller à la bagarre ». L’ancien président de la République François Hollande refuse lui de se plier à une primaire, se positionnant comme un recours en fin d’année si le PS est toujours dans l’impasse.
Car à gauche, le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon, sur une bonne dynamique depuis son lancement de campagne, semble avoir pris une longueur d’avance sur ses concurrents.
leo/ega




